La fin d'une époque pour le commerce de proximité à Surgères
Une page de l'histoire commerciale de Surgères se tourne. L'établissement Galinat, spécialisé dans l'électroménager et installé rue Bersot depuis 1951, annonce sa fermeture définitive pour le 31 mars prochain. Cette nouvelle, révélée début février, a provoqué de nombreuses réactions émues parmi la clientèle fidèle de cette entreprise familiale.
Trois générations au service des Surgériens
Fondé en 1951 par Yvonne et René Galinat, arrivés dans la ville deux ans plus tôt, le magasin a traversé les décennies en s'adaptant aux évolutions du commerce. « À l'origine, nous proposions des disques, de la lustrerie, du gaz… », se souvient Patrick Galinat, fils des fondateurs. En 1975, lorsqu'il reprend l'affaire familiale, il opère une spécialisation vers la télévision et l'électroménager, toutes marques confondues.
Patrick Galinat dirige le commerce jusqu'en 2011, année où son fils Clément, représentant la troisième génération, prend la relève. « Nous étions le seul magasin de ce type à Surgères, un véritable commerce de proximité et de service », souligne Patrick Galinat avec une pointe de nostalgie. « Quand les clients avaient un problème, nous étions présents. Demain, dans les grandes surfaces, ce ne sera plus pareil. »
Les raisons d'une fermeture volontaire
Cette décision de fermeture, présentée comme « volontaire et tout à fait personnelle » par Patrick Galinat, s'explique par plusieurs facteurs convergents :
- Le départ à la retraite de la secrétaire comptable de l'entreprise
- L'âge avancé de Patrick Galinat qui approche désormais des 75 ans
- Le rythme de travail soutenu de son fils Clément, qui cumule environ 60 heures par semaine
« Je ne veux pas faire l'année de trop », confie Patrick Galinat, qui aspire à « une vie plus calme et sereine ». Son fils Clément, selon ses propres mots ironiques, déclarait que « sa seule copine, c'était le commerce », illustrant ainsi l'engagement total que requiert cette activité.
L'évolution du secteur et des valeurs professionnelles
Au-delà des considérations personnelles, Patrick Galinat évoque également des préoccupations liées à l'évolution du marché de l'électroménager. « Nous aspirons à vendre du matériel européen, mais malheureusement, dans quatre ou cinq ans, il n'y en aura plus », constate-t-il avec regret. Cette perspective lui fait dire qu'ils auront « plus l'impression de faire leur métier », touchant ainsi à des questions de valeurs professionnelles et d'identité commerciale.
En attendant la fermeture définitive, la famille Galinat organise actuellement une opération de déstockage. Patrick Galinat tient à rassurer sa clientèle : « Les garanties et le service après-vente restent assurés ». La voix chargée d'émotion, il conclut en remerciant les clients pour leur fidélité tout en avouant : « Mais que c'est dur de mettre un terme ! »
Cette fermeture marque la fin de 73 ans d'histoire commerciale à Surgères, symbolisant les transformations profondes qui affectent le commerce de proximité dans les villes moyennes françaises.



