Luz environnement paralysée par l'interdiction d'eau potable à Verdelais
Entreprise de nettoyage de bouteilles stoppée par l'interdiction d'eau

Luz environnement à l'arrêt total depuis l'interdiction d'eau potable à Verdelais

L'entreprise Luz environnement, spécialisée dans le nettoyage et la récupération de bouteilles de vin, a brutalement stoppé ses activités depuis le 17 février dernier. Cette paralysie soudaine fait suite à l'arrêté d'interdiction d'utilisation de l'eau potable émis par les autorités, plongeant la structure dans une situation critique.

Une activité dépendante de l'eau potable

Annie Le Deunff, gérante de cette entreprise implantée à Verdelais, ne cache pas son désarroi. « C'est la cata ! Je ne peux plus travailler », confie-t-elle, amère. Son activité consiste à récupérer les bouteilles de vin usagées, à les laver méticuleusement avant de les remettre dans le circuit de distribution. Un processus qui nécessite impérativement de l'eau potable.

Le cœur du problème réside dans la consommation quotidienne de l'entreprise : 5 000 litres d'eau potable sont indispensables pour le rinçage des bouteilles. Une quantité impossible à substituer avec de l'eau en bouteille, comme le souligne ironiquement la dirigeante : « Ce n'est pas de la Cristaline qui va me sauver ».

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Des pertes économiques considérables et des craintes pour l'avenir

Annie Le Deunff évalue l'impact financier de cet arrêt forcé à 3 000 euros de perte d'exploitation par jour. Un coup d'autant plus dur que cette période correspond traditionnellement à un pic de production. « C'est le mois où je produis le plus, je prends de l'avance », explique-t-elle, redoutant particulièrement le mois de mars.

À cette période, les viticulteurs affluent habituellement pour se procurer des bouteilles propres. « Je ne les aurai pas et les clients vont aller ailleurs. Je les comprends puisque je ne peux pas assurer le service », anticipe-t-elle avec inquiétude, craignant une perte durable de clientèle.

Chômage technique et absence de compensation

En attendant une reprise hypothétique, la situation sociale se dégrade également. Les deux ouvriers de l'entreprise sont contraints au chômage technique, bien que la demande formulée par la gérante ne soit pas encore active. « Éventuellement, je peux leur demander de faire un tour de chariot élévateur », lance-t-elle, non sans une pointe d'ironie désabusée.

L'amertume est palpable lorsqu'elle évoque le refus de son assurance : « L'assurance ne prend rien en charge parce que je n'ai pas été inondée, donc je n'ai pas de préjudice ». Face à cette impasse, elle a préparé un courrier à l'intention du Syndicat des eaux, espérant y trouver une forme de dédommagement.

Sept communes concernées et espoir de reprise

Cette interdiction d'eau potable, liée à des risques sanitaires après le débordement de la Garonne, ne concerne pas uniquement Verdelais. Sept communes sont touchées par cette mesure : Gabarnac, Loupiac, Monprimblanc, Saint-Croix-du-Mont, Saint-Maixant, Semens et Verdelais.

Le gestionnaire du réseau espère un retour à la normale pour lundi 2 mars. Une échéance que guette Annie Le Deunff avec impatience : « Dès que je vais avoir l'eau, je vais pouvoir commencer à respirer ». En attendant, Luz environnement reste dans l'expectative, symbole des vulnérabilités auxquelles sont exposées les petites entreprises face aux aléas environnementaux et administratifs.

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