Duralex, la célèbre verrerie française fondée en 1945, est de nouveau en difficulté. Placée en redressement judiciaire en raison de « tensions de trésorerie », l'entreprise appelle les Français à la soutenir en poursuivant leurs achats. Cette procédure intervient seulement deux ans après la précédente, marquant le cinquième redressement judiciaire en une vingtaine d'années.
Des difficultés financières persistantes
Dans un communiqué transmis à l'AFP, la direction explique ces difficultés par « une hausse du stock très importante sur janvier et février 2026, couplée à des ruptures impactant les ventes sur des produits emblématiques », ainsi qu'une « hausse croissante du coût des matières premières et de l'énergie en début d'année ». L'usine, située à La Chapelle-Saint-Mesmin dans le Loiret, emploie 243 salariés.
Une procédure sous surveillance
Le tribunal de commerce d'Orléans a accordé une période d'observation de six mois. Une audience de revoyure est fixée au 2 juillet. L'entreprise assure vouloir « tout mettre en œuvre » pour trouver « les solutions optimales de sortie » de cette nouvelle procédure.
Un appel à la solidarité des consommateurs
« Une manière simple de nous soutenir est de continuer vos achats », déclare Duralex. Cette demande intervient après une levée de fonds réussie à l'automne dernier, où plus de 20 millions d'euros de promesses d'investissement avaient été récoltées en quelques heures. Cependant, depuis le départ mi-avril de son directeur général François Marciano, figure emblématique de la reprise en Scop, l'incertitude règne. Remplacé par Peggy Sadier, il aurait été « mis à pied » selon la CGT, tout comme son fils Antoine, nommé directeur financier.
Des objectifs ambitieux mais contestés
Malgré un plan de transformation commerciale innovant mis en œuvre il y a plus de 18 mois, Duralex affiche une « croissance de 7 % du chiffre d'affaires constatée au 31 décembre 2025 » et confirme ses objectifs pour 2026. Cependant, les objectifs de François Marciano d'atteindre 35 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2027, puis 39 millions en 2030, sont jugés « intenables » par plusieurs observateurs. Un salarié avait expliqué en avril que Duralex « est une usine, qui a besoin de produire à très gros volume ».
Un contexte difficile pour l'industrie française
Duralex avait déjà été durement touchée en 2022 par la flambée des prix de l'énergie après l'invasion de l'Ukraine. Un prêt de 15 millions d'euros de l'État avait permis un sauvetage temporaire. Environ 60 % des salariés ont investi dans la coopérative, soutenue par la région Centre-Val de Loire et Orléans Métropole. Les difficultés de Duralex rappellent celles du groupe Brandt, liquidé en décembre dernier, dont l'usine principale se trouvait à seulement sept kilomètres de celle de Duralex.



