La Chambre régionale des comptes (CRC) d'Occitanie a rendu public un rapport sévère sur la gestion de l'office de tourisme de La Grande-Motte, un établissement public industriel et commercial (EPIC). Les exercices 2020 à 2024 ont été examinés en mai 2025, aboutissant à sept recommandations portant sur la gouvernance, la taxe de séjour, les conflits d'intérêts et les procédures internes.
Une taxe de séjour en forte hausse mais une subvention communale qui augmente
La taxe de séjour, principale ressource de l'office, a bondi de 75,2 % entre 2018 et 2024, passant de 0,9 million d'euros avant la crise sanitaire à 1,5 million d'euros en 2024. Malgré cette progression, la subvention de la commune de La Grande-Motte a continué de croître pour atteindre 1,3 million d'euros en 2024. La CRC attribue cette hausse à une information financière jugée insuffisamment précise et à une progression des charges plus rapide que celle des recettes, ce qui va "à rebours des orientations fixées en 2019 par la commune". À partir de 2025, la commune a toutefois engagé une réduction de 250 000 euros de sa contribution.
Un "esprit de famille" et des conflits d'intérêts
Le rapport pointe une "méconnaissance partielle des procédures internes imposées par la loi", favorisant "l'installation de multiples situations de conflits d'intérêts". Ainsi, la grille tarifaire pour la location du Palais des Congrès n'est pas toujours respectée, certains clients bénéficiant de remises importantes sans justification claire. Les neuf ruptures conventionnelles entre 2021 et 2023, représentant près de la moitié des effectifs et un coût de 277 000 euros, ont été suivies de recrutements de membres de la famille : un frère, un ex-mari, une fille et un fils sous la houlette du responsable comptable, un assistant d'animation cousin du directeur, un gendre graphiste lié à un élu membre du comité directeur, et sa fille chargée d'animation. Les dossiers de recrutement ne comportent ni CV ni document d'appréciation des profils.
Le directeur Jérôme Arnaud se défend, affirmant que "ces recrutements répondaient à des besoins urgents" et que "les compétences étaient avérées", sans traitement de faveur. Il annonce la mise en place d'une commission interne pour les futurs recrutements. Cependant, à l'exception de l'application de la grille tarifaire en cours, les recommandations ne sont pas encore mises en œuvre.
Gouvernance : des décisions unilatérales
La CRC relève que les revalorisations salariales du directeur n'ont pas été soumises au comité de direction, qui compte 20 membres dont le maire Stéphan Rossignol ; le directeur a pris seul ces décisions. Le rapport ne se prononce pas sur un éventuel signalement au procureur de la République, bien que la CRC ait ce pouvoir, comme cela a été le cas pour Courchevel, Biarritz ou Agde.



