Coop Atlantique dévoile les secrets de sa rentabilité lors de son assemblée générale
La coopérative Coop Atlantique a présenté ses résultats annuels lors de son assemblée générale sectorielle tenue à Saintes, mercredi 8 avril, révélant une gestion financière particulièrement serrée dans un contexte économique mouvementé. Avec 205 magasins répartis dans 11 départements français, l'entreprise démontre une résilience remarquable grâce à une gestion rigoureuse des coûts.
La décomposition précise d'un chariot de courses de 100 euros
Lors de cette assemblée générale, les dirigeants ont fourni une analyse détaillée de la répartition des coûts pour un panier de courses moyen de 100 euros TTC dans leurs magasins. Cette transparence financière est révélatrice de la structure économique de la grande distribution coopérative.
La répartition se décompose ainsi :
- 69,04 € d'achats hors taxes
- 8,65 € de TVA
- 12,84 € de frais de personnel
- 6,19 € d'autres frais opérationnels (dont 0,69 € pour l'énergie et 1,04 € de taxes diverses)
- 2,22 € d'amortissements
- 0,14 € d'intéressement
« Sur un chariot de 100 euros, à la fin, il reste 83 centimes pour le magasin. Cela exige une gestion des frais au plus près », a souligné Hervé Flambard, président du directoire de Coop Atlantique, qui pilotait cette assemblée générale aux côtés de Reine Grosheny, présidente du conseil de surveillance.
Une coopérative qui défie les tendances du secteur
Coop Atlantique se positionne comme la plus importante coopérative de consommateurs de France, un modèle économique né à la fin du XIXe siècle qui a majoritairement périclité ailleurs mais qui connaît ici un succès notable. « Nous avons recruté 70 000 nouveaux coopérateurs depuis dix ans, pour un total de 462 000 », s'est félicité Hervé Flambard.
Après avoir traversé des difficultés il y a une dizaine d'années, la structure a retrouvé une solidité financière qui permet de continuer à investir. En 2025, Coop Atlantique a enregistré un chiffre d'affaires impressionnant de 1,18 milliard d'euros, avec un résultat net consolidé de 5,8 millions d'euros. L'entreprise emploie 3 152 salariés et rayonne dans 11 départements à travers ses 205 points de vente.
Performances par format de magasins
La répartition des performances commerciales révèle des dynamiques intéressantes :
- Les 5 Hyper U : 255,4 millions d'euros de chiffre d'affaires (+0,2%)
- Les 26 Super U : 480,9 millions d'euros (+5,7%)
- Les 17 U Express : 89,2 millions d'euros (-2,7%)
- Les 23 Utile : 41,9 millions d'euros (+3,5%)
- Les 134 Coop : 48 millions d'euros (+16,1%)
« Les magasins de proximité constituent le créneau le plus dynamique. L'objectif est d'arriver à 180 magasins de ce type », a précisé Hervé Flambard, soulignant la stratégie de développement de l'entreprise.
Une stratégie ancrée dans la coopération
Le président attribue cette progression à l'adossement à la Coopérative U depuis 2012. « On vit dans un monde en crise permanente. Il n'y a plus de développement démographique, et la consommation est plutôt stable. Dans cet univers très incertain, des groupes ont disparu », a-t-il analysé.
Il ajoute : « Globalement, ceux qui gagnent des parts de marché sont les indépendants, E. Leclerc, Intermarché, la Coopérative U... Nous progressons parce que nous avons une politique de prix très dynamique ».
Sur le plan national, la Coopérative U vise 15% de parts de marché, contre environ 13% actuellement, et Coop Atlantique entend contribuer activement à cet objectif. En 2025, la coopérative a réalisé un investissement record de 59 millions d'euros, principalement consacré à des rénovations de magasins, avec le prochain projet prévu au Château-d'Oléron.
La question sensible des carburants
Interrogé sur la flambée des prix des produits pétroliers, Hervé Flambard a apporté des précisions sur la stratégie de la coopérative : « Le carburant a subi une énorme augmentation, on l'achète entre 40 et 60% plus cher. Notre ambition, c'est de vendre au meilleur prix. On ne fait que 1 à 3 centimes de marge par litre ».
Il a souligné que le prix à la pompe se partage essentiellement entre le coût de la matière première et les taxes, ajoutant : « Le prix devrait redescendre un peu dans les jours qui viennent, mais rien n'est sûr. Cela va être compliqué pour les petites stations qui ont acheté au prix fort. Si la cuve est pleine, certains risquent de vendre à perte ».
Cette assemblée générale sectorielle de Saintes revêtait une importance particulière puisque la coopérative y a son siège social. Coop Atlantique organise au total 38 assemblées générales de secteur chaque année, démontrant son ancrage territorial et son engagement envers ses coopérateurs.



