Élections municipales : les chefs d'entreprise girondins priorisent l'accessibilité et la sécurité
Chefs d'entreprise girondins : accessibilité et sécurité avant tout

Les préoccupations des entrepreneurs girondins pour les élections municipales

La Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux et la Chambre de métiers de la Gironde ont mené une vaste consultation auprès de leurs ressortissants entre le 15 janvier et le 9 février. Cette enquête visait à identifier les priorités des chefs d'entreprise à l'approche des élections municipales. Les résultats montrent que leurs préoccupations rejoignent largement celles des citoyens ordinaires, avec des thématiques comme le stationnement, la sécurité et la fiscalité qui émergent clairement.

Une consultation représentative avec 2 400 contributions

Les chambres consulaires ont recueilli 2 400 contributions, dont une majorité significative provient du territoire de Bordeaux Métropole (72,3%). Les secteurs les plus représentés sont le commerce (31,6% des réponses), les services (31,0%) et l'artisanat (24,5%). Parmi ces contributions, 800 étaient accompagnées de propositions concrètes, démontrant l'engagement des entrepreneurs dans le débat public local.

L'obsession de l'accessibilité des centres-villes

À l'échelle départementale, la demande la plus pressante concerne l'expérimentation de dispositifs de stationnement facilitant l'accès aux centres-villes. Patrick Seguin, président de la CCI de Bordeaux, souligne que "l'accessibilité revient comme une obsession, que ce soit à Bordeaux ou dans un bourg". Nathalie Laporte, présidente de la Chambre de métiers, ajoute avec pragmatisme : "si le client ne peut pas se garer devant ou juste à côté d'un commerce, il ne vient pas".

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Cette question cristallise le débat sur la place de la voiture en ville à Bordeaux, où l'opposition critique les politiques de piétonnisation et de réduction des places de stationnement. Pour les élus de droite, le lien entre automobile et activité commerciale reste fondamental.

La maîtrise de la fiscalité locale

Deuxième priorité exprimée par les milieux économiques girondins : la nécessité de maîtriser la fiscalité locale pour préserver le tissu économique et maintenir la capacité d'investissement. Nathalie Laporte pointe particulièrement le poids de l'Entre-deux-Mers et du Sud-Gironde, "où des syndicats intercommunaux ont voté des surtaxes fin 2025, parfois des multiplications par 10, sans prévenir".

À l'échelle de Bordeaux Métropole cependant, cette préoccupation fiscale s'efface au profit d'une demande de "redonner envie de venir dans les centres-villes en n'opposant pas les différents modes de déplacement". Cette formulation renvoie indirectement à la question centrale de la place de l'automobile en milieu urbain.

La sécurité publique comme troisième priorité

Une fois épuisées les questions d'accessibilité et de fiscalité, les chefs d'entreprise expriment une préoccupation plus inattendue : la sécurité et la tranquillité publique. En Gironde, cette thématique arrive en troisième position, avec des demandes concrètes concernant la vidéoprotection et le recrutement de policiers municipaux.

Sur le territoire de Bordeaux Métropole, cette demande se précise en "lutte contre les incivilités grâce à une police municipale de proximité plus visible". La géographie des préoccupations varie cependant : si la sécurité apparaît en première position dans le Médoc, elle n'occupe que la cinquième place dans l'Entre-deux-Mers et disparaît des priorités dans le bassin d'Arcachon, la Haute Gironde et le Sud-Gironde.

Autres thématiques émergentes

La consultation a également fait émerger d'autres préoccupations :

  • La raréfaction du foncier disponible pour les entreprises
  • L'amélioration des services de transport
  • Une meilleure association des patrons aux décisions publiques des élus

Patrick Seguin déplore que "les élus ne sont pas à l'écoute, ils n'ont pas de lien avec les clubs d'entreprise". Il cite l'exemple de l'Office du commerce créé à Bordeaux, un guichet unique qui selon lui répond à un besoin crucial des commerçants.

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Le paradoxe de la réindustrialisation

Le président de la CCI pointe un paradoxe fondamental qui traverse les politiques économiques locales : "On nous dit 'réindustrialisez !' et en même temps on multiplie les règles d'urbanisme ou de protection environnementale qui rendent cela impossible". Il cite particulièrement la loi ZAN contre l'artificialisation des sols, promulguée au même moment que le projet de réindustrialisation de la France.

Pour Patrick Seguin, le choix est avant tout politique : "On met le territoire sous cloche ou on laisse la possibilité de faire du développement industriel ?" Cette interrogation résume les tensions entre développement économique et préservation environnementale qui traversent le débat public local.

Les résultats complets de cette consultation seront présentés et débattus mercredi 18 mars à 19 heures à l'amphithéâtre de la Bourse de la CCI de Bordeaux, lors d'un débat retransmis sur Public Sénat. Cette rencontre permettra d'approfondir les thèmes de la sécurité, de la circulation et du cadre de vie qui préoccupent les chefs d'entreprise girondins à l'approche des élections municipales.