Hausse des carburants : les transporteurs inquiets, Mobilians serein face aux contrôles
Carburants : transporteurs inquiets, Mobilians serein

La flambée des prix des carburants suscite l'inquiétude des professionnels

Alors que les tensions internationales et la guerre au Moyen-Orient font grimper les prix des carburants de plusieurs centimes en quelques jours, les transporteurs routiers et d'autres secteurs professionnels expriment leur vive inquiétude. Le syndicat Mobilians, représentant les stations-service traditionnelles, affiche quant à lui une certaine sérénité face aux contrôles de prix annoncés par le gouvernement.

Une hausse significative et des risques d'aggravation

Depuis la semaine du 23 février, le ministre de l'Économie Roland Lescure constate une augmentation de 5 à 15 centimes d'euro pour le SP95 et de 15 à 20 centimes pour le gazole en France. Il écarte pour le moment tout risque de pénurie, estimant que « le seul risque, c'est la panique ». Cependant, avec la possibilité d'un blocage du détroit d'Ormuz, cette hausse pourrait encore s'accentuer dans les semaines à venir, alimentant les craintes économiques.

Les transporteurs routiers redoutent des faillites

Dans un contexte économique déjà tendu, les transporteurs routiers craignent une vague de défaillances. Olivier Arrigault, secrétaire général de la Fédération nationale des transports routiers dans le Nord, analyse : « Nous avions déjà un phénomène de défaillances qui était marqué depuis plusieurs mois. La flambée des prix des carburants est une mauvaise nouvelle qui vient se rajouter sur un contexte très morose et très défavorable. » Cette situation met en lumière les difficultés croissantes du secteur, déjà fragilisé par des mois de tensions.

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Le BTP demande des mesures fiscales

La Chambre Nationale des Artisans des Travaux Publics et du Paysage (CNATP) réclame le plafonnement des taxes sur les carburants en rétablissant la « TICPE flottante ». Cette mesure vise à éviter la double peine pour les entreprises, qui subissent à la fois la hausse du prix des carburants et l'application de la TVA, non récupérable pour certains carburants. Cette demande souligne l'urgence d'une réponse politique pour soutenir les professionnels impactés.

Des contrôles annoncés par le gouvernement

Le ministre de l'Économie a demandé à la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) de vérifier que les hausses des prix des carburants sont « raisonnables compte tenu de la hausse du prix du baril » de pétrole. Cette annonce intervient dans un climat de vigilance accrue face aux fluctuations du marché.

Mobilians se dit confiant face aux contrôles

Francis Pousse, président du syndicat professionnel Mobilians, qui représente 5 800 stations-service traditionnelles, a déclaré ne pas avoir « peur des contrôles ». Il rappelle que « le contrôle des marges est possible mais je tiens quand même à rappeler que le carburant bénéficie d'une liberté des prix au même titre que la baguette de pain ». Il ajoute qu'il ne voit « pas comment la DGCCRF pourrait sanctionner des stations-service qui éventuellement profiteraient, ce que je réprouve complètement ». Cette position reflète une certaine assurance dans le cadre réglementaire actuel.

Évolution des prix du pétrole

Vendredi matin, les prix du pétrole affichaient un léger repli. Vers 06h30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédait 0,57% à 84,92 dollars, après avoir grimpé de 4,93% jeudi. Le WTI nord-américain se repliait de 0,85% à 80,34 dollars, suite à une flambée de 8,51% la veille. Ces fluctuations illustrent la volatilité du marché, influencée par les événements géopolitiques.

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