Les Laboratoires de Biarritz passent sous pavillon provençal
La célèbre marque basque de dermo-cosmétique, Les Laboratoires de Biarritz, a été officiellement rachetée au milieu du mois de janvier 2026 par la Phocéenne de cosmétique. Cette acquisition marque un tournant important pour l'entreprise fondée en 2011 à Biarritz, spécialisée dans les produits bios et notamment reconnue pour ses protections solaires respectueuses des fonds marins.
Une histoire entrepreneuriale mouvementée
Créée à l'origine par Muriel et Jean-Marc Dubois, la marque a connu plusieurs transitions de direction. Après le décès de Jean-Marc Dubois, c'est Bruno Collet qui en avait repris les rênes en 2017. Sous sa direction, l'entreprise avait atteint un chiffre d'affaires de 8 millions d'euros, mais les deux dernières années se sont avérées particulièrement difficiles sur le plan économique.
"Il a travaillé avec un certain succès, mais les deux dernières années ont été difficiles et il a souhaité s'adosser à un groupe plus important", explique Éric Renard, cofondateur de la Phocéenne de cosmétique. Bruno Collet conserve cependant une participation en tant qu'actionnaire de la société.
La Phocéenne de cosmétique : un groupe aux valeurs partagées
Fondée en 1996 à Salon-de-Provence par Éric Renard et Xavier Padovani, la Phocéenne de cosmétique regroupe déjà plusieurs marques renommées telles que Le Petit Olivier, Les Laboratoires Vendôme et Lovea. L'entreprise, qui emploie 150 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros avec une présence dans une soixantaine de pays, affiche une philosophie claire : "fabriquer en France des produits les plus naturels et les plus accessibles possible".
Cette orientation correspond parfaitement à l'ADN des Laboratoires de Biarritz, dont l'identité s'est construite autour du respect de l'environnement et de la protection des océans. "Elle va même s'amplifier, puisque si vous regardez l'ADN de la Phocéenne, ce sont des notions que l'on partage à l'échelle du groupe", assure Éric Renard.
Stabilité pour les équipes et ambitions de croissance
Les 35 salariés basés à Biarritz ne devraient pas être affectés par ce changement de propriétaire. "Quand on s'appelle Les Laboratoires de Biarritz, c'est quand même mieux d'être à Biarritz…", souligne avec humour Éric Renard. La collaboration avec le site de production de Mourenx, sous-traitant historique des Laboratoires de Biarritz, sera également maintenue.
Le cofondateur de la Phocéenne promet qu'il n'y aura "pas de révolution mais des optimisations". Les modes de fonctionnement des deux structures, bien que légèrement différents, présentent des similitudes importantes puisqu'elles relèvent de la même convention collective.
Des objectifs financiers ambitieux
Éric Renard affiche des ambitions claires pour l'avenir de la marque biarrote. À l'horizon 2030, il espère que la Phocéenne de cosmétique atteindra les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec une contribution significative des Laboratoires de Biarritz. "Sur ces 100 millions, il faut que Les Laboratoires de Biarritz en fassent 20", déclare-t-il.
Cet objectif représente un défi considérable puisqu'il implique de plus que doubler le chiffre d'affaires actuel de la marque en moins de quatre ans. Le partenariat avec la Phocéenne devrait permettre, selon Renard, une approche plus efficace et pertinente, tant sur le plan économique qu'environnemental.
"La chance qu'il y a à Biarritz aujourd'hui, c'est que l'on va pouvoir s'appuyer sur une équipe qui a déjà une histoire", conclut le dirigeant, confiant dans la capacité de cette alliance à concilier croissance économique et préservation des valeurs environnementales qui ont fait le succès de la marque.



