L’aérodrome de Champclauson, situé sur les hauteurs de La Grand-Combe, traverse une période difficile. Inauguré le 6 juin 1954, ce site de 780 mètres de piste, surnommé “l’Enfer”, est aujourd’hui au cœur d’un conflit entre l’association du Centre de vol à voile gardois (CVVG) et la communauté d’agglomération Alès agglo.
Des courriers restés sans réponse
Le président du CVVG, Alain Poncet, et l’instructeur Christian Bourreaud, fort de 2 000 heures de vol, ont adressé deux courriers à Christophe Rivenq, président d’Alès agglo, sans obtenir de réponse. Ils déplorent un “trou d’air politique” dans le soutien à leur association.
Des problèmes concrets
Plusieurs difficultés sont pointées : le chemin d’accès est défoncé, l’association paie la taxe des ordures ménagères sans disposer de conteneur, et le bail emphytéotique de leurs locaux n’a pas été renouvelé depuis 2021. À cela s’ajoute une taxe foncière de près de 3 500 euros qui pèse lourdement sur le budget.
“Ce qui nous motive, ce sont les gamins, faire des baptêmes, faire voler des jeunes !”, insiste Alain Poncet. L’association, agréée Jeunesse et Sports, propose chaque année à une vingtaine d’élèves le brevet d’initiation aéronautique (BIA). Elle possède un patrimoine de planeurs, un remorqueur et un simulateur de vol.
Un enjeu pour l’avenir
Alain Poncet souligne que dans cinq ans, les compagnies aériennes devront recruter 15 000 pilotes. Il cite l’exemple de Roman Bellin, originaire des Salles-du-Gardon, aujourd’hui copilote chez Transavia, formé à Champclauson. La piste, partagée avec l’Aéroclub Cévennes Montagne, accueille ULM et avions classiques.
“C’est 40 ans de boulot et nous sommes dans l’expectative”, conclut Poncet, espérant un renouvellement de bail qui permette de se projeter. L’avenir de ce “porte-avions” cévenol dépend désormais de la réponse d’Alès agglo.



