L'État français s'engage financièrement dans le projet de mine de lithium d'Imerys
Le gouvernement français, par l'intermédiaire de la Banque des Territoires, va investir 50 millions d'euros pour prendre une participation minoritaire dans le projet d'exploitation minière de lithium porté par le spécialiste des minerais Imerys à Échassières, dans le département de l'Allier. Cette transaction, dont la finalisation est prévue dans les prochains mois, marque une étape cruciale dans la stratégie de souveraineté énergétique de la France.
Un projet stratégique pour l'indépendance énergétique
Le projet, baptisé Emili, est présenté comme pouvant couvrir un tiers des besoins nationaux en lithium, un métal essentiel à la fabrication des batteries pour véhicules électriques. Bercy a souligné que cette initiative illustre la volonté de développer "une mine exemplaire du XXIe siècle, répondant aux meilleurs standards environnementaux et sociaux". Cette prise de participation étatique intervient après l'annonce, en septembre dernier, d'un crédit d'impôt de 200 millions d'euros accordé à Imerys, alors que le coût total du projet est désormais estimé à 1,8 milliard d'euros.
Des réserves exceptionnelles et un calendrier révisé
Les campagnes de forage menées sur le gisement de Beauvoir, situé sur les hauteurs d'Échassières, ont révélé des ressources largement supérieures aux attentes initiales. Imerys a confirmé des ressources présumées et indiquées atteignant 373 millions de tonnes avec une teneur en oxyde de lithium (Li2O) de 1%, incluant un cœur de gisement de 69 millions de tonnes à 1,22% de Li2O. Ce gisement en roche dure se classe parmi les cinq premiers au monde, derrière ceux de la RDC et de l'Australie, mais devant le projet tchèque de Cinovec.
Malgré ces perspectives prometteuses, le groupe a annoncé un recul de la date de mise en exploitation à 2030, citant notamment la faiblesse actuelle des cours du lithium. Cette décision s'inscrit dans un contexte où Imerys a lancé, fin octobre, un plan de réduction des coûts pour redresser sa rentabilité, face au ralentissement observé sur ses principaux marchés au deuxième trimestre.
Impacts économiques et environnementaux anticipés
Selon l'étude de pré-faisabilité, la production annuelle du site pourrait atteindre 34 000 tonnes d'hydroxyde de lithium, une quantité suffisante pour équiper les batteries de 700 000 voitures électriques chaque année. L'investissement de l'État doit permettre la finalisation de l'étude de faisabilité définitive, prévue pour début 2027, étape indispensable avant toute décision finale d'investissement.
Le ministère de l'Industrie a réaffirmé que ce projet s'inscrit dans une démarche de "souveraineté sur un tiers des besoins" français, tout en promouvant des normes environnementales et sociales élevées. Cette initiative représente un pilier de la transition énergétique française, visant à réduire la dépendance aux importations de lithium tout en soutenant le développement de la filière des véhicules électriques.



