Syrie : l'industrie pétrolière entame une reconstruction laborieuse après la guerre
Syrie : reconstruction pétrolière après la guerre

Syrie : l'industrie pétrolière entame une reconstruction laborieuse après la guerre

En reprenant le contrôle des régions pétrolifères du Nord-Est syrien aux Forces démocratiques syriennes, le pouvoir central de Damas a consolidé son emprise sur toutes les ressources en hydrocarbures du pays. Cependant, cette victoire stratégique se heurte à une réalité économique implacable : l'état catastrophique des infrastructures pétrolières, endommagées par quatorze années de conflit et d'exploitation désorganisée, impose un délai de plusieurs années avant un retour à la production d'avant-guerre.

Un bilan des dégâts accablant

Nasser Al-Khallaf, ingénieur en électricité natif de la région de Deir ez-Zor, contemple le tableau de bord détruit qui commandait autrefois les turbines du champ pétrolier Al-Omar. Après une décennie d'absence forcée, il a retrouvé son poste qu'il occupait entre 2008 et 2015, mais sa mission actuelle se limite à évaluer l'étendue des destructions subies par les installations.

Les employés de la compagnie pétrolière Al-Furat, une joint-venture associant une entité publique syrienne à des sociétés privées étrangères dont Shell, ont réinvesti les lieux depuis que les nouvelles autorités syriennes ont repris le champ aux Forces démocratiques syriennes le 18 janvier. Ils en avaient été chassés par l'organisation État islamique en août 2015, se repliant alors sur le site d'Al-Taym, resté sous contrôle du régime.

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« La coalition internationale a bombardé les collecteurs de gaz et tous les sites où se trouvait l'EI », déplore l'ingénieur, soulignant que les dégradations se sont poursuivies sous l'administration des FDS, qui s'étaient emparées du champ Al-Omar avec l'appui de la coalition fin 2017.

Une exploitation anarchique aux conséquences durables

Les nouveaux maîtres des lieux avaient relancé l'exploitation pétrolière avec des moyens de fortune, distribuant les puits à des tribus locales contre redevances financières. « Les FDS les ont laissées bricoler les installations sans respecter les standards internationaux », se désole M. Al-Khallaf, expliquant que le pétrole était vendu brut sans transformation préalable, aggravant la détérioration des équipements.

Cette pratique d'extraction anarchique, combinée aux destructions directes causées par les combats, a laissé un héritage opérationnel lourd de conséquences. Les puits endommagés nécessitent des investissements substantiels et un temps considérable pour être remis en état, retardant d'autant la reprise d'une production normalisée.

Les défis de la reconstruction pétrolière

La reprise du contrôle territorial par Damas marque une étape politique cruciale, mais la reconstruction effective du secteur pétrolier syrien s'annonce comme un défi technique et financier de grande ampleur. Les experts estiment que plusieurs années seront nécessaires pour restaurer les capacités de production à leur niveau d'avant-guerre, période durant laquelle le pétrole constituait une ressource économique majeure pour le pays.

Cette situation illustre les difficultés de la Syrie post-conflit, où la reconquête militaire ne suffit pas à relancer une économie dévastée. Le secteur des hydrocarbures, pilier traditionnel de l'économie nationale, devra surmonter des obstacles techniques considérables avant de retrouver sa pleine capacité opérationnelle et contribuer significativement à la reconstruction du pays.

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