SpaceX reporte le lancement de Starship, nouvelle tentative vendredi
Starship : SpaceX reporte le lancement à vendredi

Spacex a reporté, jeudi 22 mai, le lancement de la dernière version de sa fusée géante Starship pour un vol test crucial, en raison de problèmes techniques de dernière minute. Le décollage, initialement prévu depuis le Texas, a été marqué par de nombreuses interruptions et reprises du compte à rebours avant d'être finalement annulé. Elon Musk a indiqué sur X qu'un problème hydraulique sur le bras de la tour de lancement était en cause et qu'une nouvelle tentative aurait lieu vendredi à 5h30, heure locale.

Un report pour résoudre les problèmes techniques

Le porte-parole de SpaceX, Dan Huot, a expliqué lors d'une retransmission en direct que les ingénieurs n'avaient pas été en mesure de résoudre à temps les obstacles rencontrés. « Nouvelle fusée, nouvelle rampe de lancement : nous en apprenons beaucoup sur ces systèmes au fur et à mesure que nous les utilisons pour la première fois, et nous ne sommes tout simplement pas en mesure de résoudre tous ces problèmes dans les dernières secondes avant le lancement », a-t-il déclaré. Il a ajouté que l'équipe allait prendre le temps de comprendre ce qui avait causé l'échec avant de procéder à un nouveau vol vendredi.

Un vol test aux enjeux majeurs

Ce lancement est le douzième pour Starship, sept mois après le dernier vol. Haut de 124 mètres, le modèle actuel est légèrement plus grand que le précédent et SpaceX souhaite démontrer les améliorations apportées. Le vol intervient alors qu'Elon Musk prépare l'entrée en Bourse de l'entreprise, annoncée pour mi-juin. Une version modifiée de Starship doit également servir d'alunisseur pour la Nasa.

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SpaceX ne prévoit pas de récupérer le propulseur, qui doit s'abîmer dans le golfe du Mexique. L'étage supérieur déploiera une charge utile de 20 satellites factices et deux satellites Starlink équipés de caméras pour analyser l'efficacité du bouclier thermique. La mission doit durer environ 65 minutes, avec un amerrissage dans l'océan Indien.

Un contexte de compétition spatiale

Les dernières missions de Starship se sont déroulées avec succès, mais d'autres ont connu des explosions spectaculaires, notamment deux au-dessus des Caraïbes et une après avoir atteint l'espace. Ce vol d'essai est crucial pour SpaceX, car la Nasa compte envoyer des astronautes sur la Lune en 2028, avant la Chine, qui ambitionne d'y envoyer des hommes d'ici 2030. Le gouvernement de Donald Trump craint que les États-Unis ne parviennent pas à réaliser cet objectif en premier en raison des retards du secteur privé.

Pour le physicien Scott Hubbard, les enjeux sont « énormes » : « Le gouvernement a pris la décision de s'allier avec des acteurs privés pour ramener des humains sur la Lune, et maintenant ces personnes doivent être à la hauteur. » L'analyste Antoine Grenier estime que si le lancement se déroule sans encombre, cela ouvrira la voie à de nouvelles infrastructures et à des contrats pour l'exploration lunaire.

Les défis techniques à surmonter

Outre SpaceX, son concurrent Blue Origin, détenu par Jeff Bezos, cherche également à développer un alunisseur. La Nasa prévoit une mission en 2027 avant l'envoi d'astronautes sur la Lune en 2028 lors de la mission Artémis 4. Cependant, les experts sont sceptiques quant à la réalisation de ces objectifs à temps. L'un des principaux obstacles est la capacité à se ravitailler en propergol en orbite, une étape essentielle pour les missions longue durée, mais qui n'a jamais été testée. « Espérons qu'ils y parviennent », a conclu Scott Hubbard, soulignant un « défi technique de taille ».

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