Le SP95-E10 franchit le seuil symbolique des 2 euros le litre en France
Ce mercredi 1er avril 2026 marque un tournant symbolique pour les automobilistes français : le prix moyen du SP95-E10 a officiellement dépassé la barre des 2 euros le litre sur l'ensemble du territoire hexagonal. Cette hausse historique intervient dans un contexte de tensions géopolitiques exacerbées, particulièrement avec l'Iran, qui ont provoqué une flambée des cours du pétrole sur les marchés internationaux.
Une augmentation spectaculaire de 16% en un mois
Selon les données recueillies par l'Agence France-Presse auprès de 7 289 stations-service ayant transmis leurs tarifs au gouvernement, le SP95-E10 affichait un prix moyen de 2,000 euros le litre vers 11 heures ce mercredi. Cette envolée représente une augmentation vertigineuse de 16,26% depuis le 27 février dernier, veille des premières frappes israélo-américaines sur l'Iran qui ont déclenché un conflit régional.
Le gazole, carburant le plus consommé par les Français, a quant à lui franchi le cap des 2 euros le litre dès le 9 mars, atteignant ce mercredi un prix moyen de 2,255 euros le litre. Ces niveaux de prix rapprochent dangereusement les carburants français des records historiques enregistrés à l'été 2022, peu après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Le gouvernement maintient sa position sur la fiscalité
Face à cette situation préoccupante pour le pouvoir d'achat des ménages, le gouvernement a réaffirmé son refus de réduire la fiscalité sur les carburants. Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une stricte discipline budgétaire visant à maintenir le déficit public à 5% du produit intérieur brut cette année.
La ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a toutefois tenté de rassurer la population lors d'une intervention sur TF1. "Il n'existe à l'heure actuelle aucun risque de rupture d'approvisionnement en carburant dans les stations-service", a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant que "moins de 10% des stations" connaissaient des ruptures "totales ou partielles".
Des aides ciblées pour les secteurs les plus vulnérables
Pour atténuer l'impact de cette flambée des prix sur les secteurs économiques les plus exposés, le gouvernement a mis en place un dispositif d'aides spécifiques :
- Ces mesures concernent principalement la pêche, l'agriculture et les transports
- Les aides représentent un montant total de près de 70 millions d'euros par mois
- Elles sont conçues comme "ciblées" et potentiellement reconductibles
- Le gouvernement insiste sur leur caractère temporaire et exceptionnel
Cette approche sélective contraste avec les demandes répétées des associations d'automobilistes et des syndicats professionnels, qui réclament des mesures plus globales pour faire face à ce qui est perçu comme une "asphyxie" économique pour de nombreux Français et entreprises.
La situation actuelle place les pouvoirs publics dans une position délicate, devant concilier impératifs budgétaires, stabilité économique et protection du pouvoir d'achat dans un contexte international particulièrement volatil.



