Le gouvernement russe a annoncé ce mercredi 8 juillet l'interdiction des exportations de gazole, une mesure prise en urgence pour faire face aux pénuries de carburant provoquées par les frappes ukrainiennes contre les infrastructures pétrolières russes. Selon un décret publié par le gouvernement, cette restriction entre en vigueur immédiatement et pour une durée indéterminée.
Des frappes ukrainiennes ciblent les raffineries
Depuis plusieurs semaines, l'Ukraine intensifie ses attaques contre les installations énergétiques russes, notamment les raffineries de pétrole, dans le but de réduire les capacités de ravitaillement de l'armée russe. Selon le ministère russe de l'Énergie, ces frappes ont entraîné une baisse de 15 % de la production de gazole, aggravant les tensions sur le marché intérieur.
"Les attaques systématiques contre nos raffineries ont créé une situation critique pour l'approvisionnement en carburant de notre économie et de nos forces armées", a déclaré le vice-Premier ministre russe chargé de l'Énergie, Alexandre Novak, cité par l'agence Tass. "Cette interdiction temporaire est nécessaire pour stabiliser le marché intérieur."
Conséquences pour le marché mondial
La Russie est l'un des principaux exportateurs mondiaux de gazole, avec environ 1,5 million de barils par jour exportés avant la guerre. Cette interdiction risque de provoquer une flambée des prix du gazole sur les marchés internationaux, déjà sous pression en raison des sanctions occidentales et de la réduction des exportations russes de pétrole brut.
Les analystes estiment que les prix du gazole pourraient augmenter de 10 à 15 % dans les prochaines semaines, affectant particulièrement les secteurs du transport et de l'agriculture en Europe et en Asie. "C'est un nouveau choc pour l'économie mondiale", commente un expert du Centre for Global Energy Studies.
Une mesure politique risquée
Cette interdiction intervient alors que le président russe Vladimir Poutine tente de maintenir la stabilité économique du pays face aux sanctions internationales. La pénurie de carburant pourrait également affecter les récoltes agricoles en Russie, où le gazole est essentiel pour les moissonneuses-batteuses et les camions de transport.
"Le gouvernement russe joue un jeu dangereux en restreignant les exportations, car cela réduit ses revenus en devises étrangères", souligne un analyste de l'Institut de l'Énergie de Moscou. "Mais la priorité est d'éviter une pénurie intérieure qui pourrait provoquer des tensions sociales."
L'Ukraine n'a pas commenté directement cette mesure, mais des sources militaires ukrainiennes ont indiqué que les frappes se poursuivraient tant que les raffineries russes serviraient à approvisionner l'armée russe.



