Le réseau de transport d'électricité (RTE), gestionnaire des lignes haute tension, prépare l'avenir en investissant pour renforcer l'électrification et garantir la souveraineté énergétique. En 2025, la consommation d'électricité est restée relativement stable (+0,4%) en France, alors qu'elle a très légèrement augmenté en Nouvelle-Aquitaine (+1%) par rapport à 2024. RTE a présenté ce mardi 5 mai son bilan électrique pour l'année écoulée au niveau national et régional.
Une production électrique décarbonée en hausse
Suivre ces données de près est indispensable pour l'opérateur des lignes haute tension et très haute tension, qui doit s'assurer d'une bonne exploitation du système en respectant un équilibre entre l'offre et la demande afin d'éviter les pannes ou les surchauffes. L'année dernière, la production d'électricité a atteint 59 TWh en Nouvelle-Aquitaine, en hausse de 6%, ce qui représente 10,8% de la production du pays. Cette énergie est largement décarbonée (98,9%) grâce aux deux centrales nucléaires (Blayais et Civaux) qui ont retrouvé leur pleine capacité, mais aussi grâce aux énergies renouvelables qui représentent près d'un quart de la production dans la région.
Le solaire en forte progression
Le parc solaire, dont la production enregistre une hausse de près de 30%, est celui qui dispose de la plus forte capacité de production avec 6 800 mégawatts contre 6 600 MW pour le nucléaire, mais il ne fonctionne pas en continu. Dans l'ensemble, les énergies renouvelables, hydraulique compris, couvrent 40% des besoins de la région. Ce bilan confirme que « les conditions sont réunies pour permettre à la France de réduire durablement sa dépendance aux énergies fossiles, de confirmer sa décarbonation et de retrouver une véritable souveraineté énergétique », expose Jérôme Rieu, le délégué de RTE dans le Sud-Ouest.
Une consommation encore timide
Mais comme le montre la stabilité de la consommation, l'électrification reste encore timide. En conséquence, la France et particulièrement la Nouvelle-Aquitaine produit plus qu'elle ne consomme avec une surcapacité de 140%. En 2025, le pays a donc battu son record d'exportation d'énergie avec un solde net excédentaire à toutes les frontières. Outre ce qu'elle exporte directement, la France joue aussi un rôle de corridor pour les autres pays. L'électricité vendue par l'Espagne à l'Allemagne transite ainsi par les lignes de RTE.
Investissements massifs pour moderniser le réseau
Dans ce contexte d'augmentation attendue de la consommation comme de la production, RTE se mobilise pour adapter le réseau. Le schéma décennal de développement du réseau qui court jusqu'en 2040 prévoit 100 milliards d'euros sur quinze ans, dont 18 à 21 milliards destinés à la région Nouvelle-Aquitaine. Il s'agit d'abord de renouveler les lignes les plus anciennes – certaines datent d'après-guerre – mais aussi de s'adapter au changement climatique. « Le réseau est plutôt résilient face aux tempêtes mais nous faisons face à de nouveaux risques, prévient Jérôme Rieu. Avec la chaleur, par exemple, les lignes se dilatent et peuvent s'affaisser, ce qui nous oblige à réduire le trafic. » RTE doit aussi investir pour raccorder les nouveaux gros consommateurs, comme les data centers, et les nouveaux producteurs d'énergie renouvelable avec l'enjeu « d'investir au bon endroit au bon moment » en anticipant.



