La hausse du coût du pétrole et les tensions sur les prix à la pompe incitent les voyageurs à privilégier le rail et les alternatives à la voiture individuelle. Mais l'augmentation des prix en fonction de la demande rend parfois le choix bien plus compliqué.
Un engouement pour le train face à l'instabilité pétrolière
L'augmentation des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient a-t-elle eu un impact sur les choix de déplacement des Français ? C'est la conclusion qui semble s'imposer, alors que les ventes des billets TER de la SNCF ont augmenté de 12 % en avril par rapport à la même période l'année dernière. D'après les informations de RMC, SNCF Connect a constaté une hausse de 14 % des ventes par rapport à l'an dernier tous transporteurs confondus. Une hausse qui serait liée selon l'entreprise par le placement des jours fériés et des ponts en mai, ainsi qu'un « engouement pour le train » qui se « renforce » face à l'instabilité des cours du pétrole.
Après plus de deux mois de conflit, la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz qui en découle continue de chambouler l'approvisionnement de pétrole dans le monde. Mardi 5 matin, le pétrole est reparti à la baisse en Asie, après un bond lundi. Vers 5 heures du matin, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, lâchait 2,15 % à 104,13 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord, repère du marché mondial, perdait, lui, 1,26 % à 113 dollars. Lundi soir aux États-Unis, le Brent avait clôturé sur une hausse de 5,80 % et le WTI sur un saut de 4,36 %, après de nouvelles attaques aux Émirats arabes unis et dans le détroit d'Ormuz malgré la trêve entre les États-Unis et l'Iran.
Moins d'automobilistes sur les autoroutes
Alors que le diesel, carburant le plus onéreux actuellement, a atteint jeudi 2,217 euros le litre, selon une moyenne calculée sur la base des données gouvernementales, les Français semblent avoir modifié leur manière de se déplacer en délaissant la voiture au profit des autres solutions. Cette hypothèse est consolidée par la baisse du nombre d'automobilistes comptabilisés sur les autoroutes relevée par Eiffage et Vinci au premier trimestre, un phénomène « principalement dû à la hausse des prix du carburant en mars », selon Vinci. De son côté, l'avion ne semble pas avoir la cote puisque certaines compagnies aériennes, craignant un manque de kérosène, pourraient avoir recours à des annulations de vol.
Le train, pas toujours plus économique ?
Une dynamique positive pour le covoiturage, les bus et donc les trains, moins vulnérable à l'envolée du prix des carburants grâce à leur traction électrique. Pourtant, cette dernière solution pourrait ne pas ravir tout le monde. Les prix des billets de train peuvent rapidement augmenter en fonction de la demande. Celle-ci étant en hausse, certaines destinations pourraient voir leur prix s'envoler. Voire dépasser ceux de la voiture.
Prenons l'exemple d'un trajet en TER entre Bordeaux et Bayonne. Avec une voiture citadine roulant au diesel, le coût du trajet s'élèverait à 43,06 euros (30,52 euros de carburants et 13,10 euros de péage), d'après les estimations du site Via Michelin. Pour un départ le lendemain en train pour un seul voyageur sans carte de réduction, le prix du trajet s'élève à 38,10 euros. Si pour un voyageur seul, opter pour le TER, dont les prix sont fixes, peut devenir économiquement intéressant, le choix peut s'avérer bien moins facile à prendre pour une famille nombreuse. Et lorsqu'il s'agit d'un voyage en TGV, les prix vont encore pouvoir bondir en fonction du nombre de passagers mais aussi de la date de départ, le placement en première ou seconde classe ainsi que la demande sur ce trajet.
« Malgré ces hausses, le train et le bus restent compétitifs face au coût de l'essence », constate le comparateur de billets Kombo, dans Le Parisien. De son côté, Jérôme Laffon, directeur de Ouigo, se dit prêt à « récupérer des clients qui vont être confrontés à des choix très complexes concernant l'utilisation de leur voiture », rapporte 20 Minutes.



