Le cours du pétrole a connu une hausse spectaculaire ce lundi, avec le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre grimpant de plus de 4% pour atteindre 79,13 dollars. Cette flambée fait suite à l'annonce par l'Iran, ce week-end, d'une nouvelle fermeture jusqu'à nouvel ordre du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.
Contexte du conflit et reprise des hostilités
Après près de 40 jours de bombardements dans un conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur en avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord signé par Washington et Téhéran, malgré des escarmouches régulières autour du détroit. Cependant, depuis le 7 juillet, date à laquelle des attaques ont eu lieu contre des navires tentant de franchir le détroit d'Ormuz, les affrontements entre les deux pays ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines.
Accusations et représailles
Les États-Unis accusent notamment l'Iran d'avoir touché pendant le week-end le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote, dans le détroit. La diplomatie iranienne a « fermement condamné » les tout derniers bombardements américains sur de vastes zones de l'ouest et du sud de l'Iran, notamment l'île de Qeshm et Bandar Abbas, au niveau d'Ormuz, mais aussi la province du Khouzistan, frontalière de l'Irak. Elle reproche à Washington d'avoir « réduit à néant tous les efforts de ces derniers mois » visant à rétablir la paix dans la région.
En représailles, les puissants Gardiens de la révolution ont dit avoir bombardé des bases militaires du Golfe utilisées par l'armée américaine, en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït. António Guterres, le secrétaire général de l'ONU, avait exhorté plus tôt Washington et Téhéran à « la plus grande retenue » et à « reprendre d'urgence les négociations ».
Le détroit d'Ormuz, enjeu stratégique
Ce texte d'accord prévoyait une réouverture du détroit, par lequel transitait auparavant un cinquième du brut mondial. Téhéran n'autorise toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, en menaçant les navires contournant cet itinéraire, et souhaite instaurer des droits de passage, refusant un retour à la situation d'avant-guerre.
« Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera », a averti le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, cité par l'agence Isna. Le commandement américain pour le Moyen-Orient a, lui, assuré qu'il restait ouvert : « l'Iran ne contrôle pas le détroit » et la circulation maritime s'opère, selon lui.



