Le péage de Saint-Isidore au cœur des débats niçois
La promesse de suppression du péage de Saint-Isidore, sur l'autoroute A8 à Nice, refait surface avec la campagne municipale. Éric Ciotti, nouveau maire de Nice, qualifie cet ouvrage de « hold-up » pour les automobilistes et promet d'exiger sa suppression. Cette position séduit les usagers, qui paient actuellement 1,50 euro par passage. Pour certains, ce serait une mesure d'équité ; pour d'autres, un désengorgement nécessaire. Le débat n'est pas nouveau : en 2022, Christian Estrosi avait déjà évoqué une étude d'AtmoSud sur l'impact positif de la disparition du péage sur la qualité de l'air.
Une étude en cours pour la prochaine concession
Le changement, s'il a lieu, n'interviendra pas avant la fin de la concession actuelle, en 2032. Le concessionnaire Vinci Autoroutes (réseau Escota) a été sollicité par le ministre des Transports Philippe Tabarot pour une étude sur la facilitation des circulations, à remettre fin du premier trimestre 2027. Cette étude servira à rédiger le cahier des charges du futur contrat de concession. Les contraintes techniques sont nombreuses : profil, capacité en voie, approche de la courbe en vitesse, impact sur le trafic. Des travaux d'ampleur pourraient être nécessaires.
Trois scénarios possibles
- Statu quo : le péage reste en l'état.
- Suppression pure et simple : gratuité pour les usagers, mais un coût de 250 millions d'euros à compenser d'ici 2032, soit 45 millions par an de manque à gagner pour le concessionnaire. L'État juge cette option irréaliste financièrement, fragile juridiquement et inéquitable politiquement, car elle augmenterait les tarifs pour d'autres usagers (Cannes-Antibes, Monaco-Menton) et ferait reposer le financement sur les Français, alors que 76 % du trafic poids lourds est étranger.
- Péage en flux libre : l'autoroute reste payante mais sans barrière. Les portiques lisent les plaques d'immatriculation et le paiement s'effectue en ligne ou chez un buraliste sous 72 heures. Ce dispositif existe déjà sur l'A79 et l'A13-A14. Toutefois, cela nécessite des travaux de démolition des barrières tout en maintenant la circulation, avec des enjeux de sécurité et de coûts. Vinci craint un appel d'air de véhicules, augmentant le trafic et les risques d'accidents.
Impact environnemental
Selon une étude d'AtmoSud de 2022, la suppression du péage réduirait significativement les émissions de polluants dans un rayon d'un kilomètre : -14 % pour le CO2, -56 % pour les particules fines, -20 % pour les dioxydes d'azote, malgré une augmentation du trafic. Sur la voie Mathis, -3,3 % d'émissions, et -6 % sur la Promenade des Anglais. 77 000 à 80 000 Niçois seraient moins exposés aux polluants, avec une légère hausse de 2 à 3 % ailleurs.
Conclusion
Le cabinet du ministre des Transports écarte la suppression totale, jugée non responsable. L'alternative du flux libre est étudiée, mais sa mise en œuvre est complexe. La décision finale dépendra de l'étude en cours et des négociations pour la prochaine concession.



