Hausse des prix du carburant : le gouvernement déploie des aides ciblées pour les professionnels
Face à la flambée persistante des prix des carburants, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé mardi un nouveau train de mesures d'aide pour le mois de mai, tout en réaffirmant que toute baisse généralisée des taxes restait exclue du champ des possibles. Le gouvernement privilégie une approche ciblée plutôt que des chèques distribués à l'aveugle.
Un soutien élargi à trois millions de Français
Initialement chiffré à 130 millions d'euros pour les professionnels de la route, de la pêche et de l'agriculture début avril, le montant des aides va désormais augmenter et s'étendre à de nouveaux secteurs. Environ trois millions de Français, qualifiés de "travailleurs modestes" contraints d'utiliser leur véhicule à des fins professionnelles, devraient bénéficier de ces dispositifs.
Pour les "grands rouleurs", une aide correspondant à une réduction de 20 centimes par litre sera mise en place pour les mois d'avril, mai et juin. Cette mesure, conditionnée à des plafonds de revenus qui seront précisés par le ministre des Comptes publics David Amiel et la ministre déléguée à l'Énergie Maud Bregeon, vise spécifiquement les travailleurs indépendants comme les aides à domicile.
Des aides renforcées pour les secteurs en difficulté
Le gouvernement a également annoncé un renforcement des soutiens pour les professions déjà accompagnées :
- Pour les pêcheurs : l'aide à la pompe, fixée à 20 centimes par litre le mois dernier, sera portée à entre 30 et 35 centimes par litre.
- Pour les agriculteurs : l'aide sera multipliée par quatre pour atteindre environ 15 centimes par litre.
- Pour les transporteurs : l'aide forfaitaire de 20 centimes par litre est reconduite, tandis qu'une négociation spécifique sera engagée pour les taxis et VTC.
Le secteur du BTP entre également dans le cadre des mesures avec une aide de l'ordre de 20 centimes par litre pour les entreprises de moins de 20 salariés.
Une baisse des taxes toujours exclue
Lors d'une conférence de presse tenue sur le perron de Matignon, Sébastien Lecornu a fermement écarté l'idée d'une mesure généralisée comme une baisse des taxes sur les carburants, la qualifiant de "non financée, non finançable". Il a toutefois laissé la porte ouverte à de futures annonces si la situation venait à s'aggraver.
Le président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), Jean-Christophe Repon, s'est dit "soulagé" par ces annonces mais reste prudent. Il estime que les 20 centimes par litre annoncés pour le BTP sont "très limites pour continuer à ne pas travailler à perte", d'autant plus que les fournisseurs ont promis des hausses de prix des matériaux en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz.
Cette situation géopolitique, couplée à la hausse du prix du GNR (gazole non routier) utilisé pour les engins de chantier, continue de peser sur la trésorerie des entreprises et laisse planer l'incertitude sur l'avenir.



