Un trésor énergétique découvert sous un village lorrain
Un petit village de Lorraine, Pontpierre, pourrait bien être assis sur une véritable mine d'or énergétique. Non pas d'or métallique, mais d'hydrogène naturel, une ressource décrite comme potentiellement « la plus grosse réserve d'hydrogène naturel au monde ». Cette découverte exceptionnelle a été confirmée grâce à un forage record réalisé à plus de 3 600 mètres de profondeur, une « première mondiale » selon la Française de l'énergie (FDE), l'entreprise à l'origine de ces recherches.
Un forage historique en Moselle
Pontpierre, un village modeste de 800 habitants situé à une quarantaine de kilomètres à l'est de Metz, est au cœur de cette avancée majeure. Cet hiver, la FDE a érigé une impressionnante plateforme de forage de 41 mètres de haut, spécialement importée d'Autriche, pour creuser jusqu'à 3 655 mètres de profondeur. Ce forage, qualifié de « plus profond au monde » pour ce type de recherche, a permis de valider la « présence importante » d'hydrogène naturel dans le sous-sol mosellan.
L'hydrogène naturel dissous, également appelé hydrogène blanc ou natif, est présent naturellement dans les eaux souterraines du bassin lorrain. Des chercheurs avaient déjà identifié il y a trois ans ce qui pourrait constituer une réserve mondiale exceptionnelle. La FDE a salué cette confirmation, qui fait suite à la découverte initiale réalisée à Folschviller, à seulement six kilomètres de Pontpierre, en 2023.
Des données précieuses pour l'avenir énergétique
Au cours de ce forage pionnier, 58 échantillons ont été prélevés, permettant de localiser « plusieurs zones de présence d'hydrogène naturel ». L'entreprise a ainsi pu acquérir « un ensemble complet de données géologiques » afin de mieux comprendre les mécanismes de formation et de migration de cette énergie bas carbone. Ces informations sont cruciales pour le développement futur de cette ressource.
Désormais, des travaux scientifiques se poursuivent dans le cadre du projet Regalor II (Ressources gazières de Lorraine), avec l'appui du laboratoire GeoRessources de l'Université de Lorraine et du CNRS. Les objectifs sont clairs : mesurer les concentrations d'hydrogène dissous et tester, in situ, les outils de séparation de l'eau et de l'hydrogène. Ces développements technologiques sont menés en partenariat avec l'entreprise Solexperts et le laboratoire GéoRessources, avec le soutien de Saint-Gobain.
Un potentiel énergétique colossal
Les estimations du CNRS, issues du précédent programme de recherches Regalor, sont impressionnantes. Le gisement lorrain, qui s'étend également sur des parties des territoires belge, luxembourgeois et allemand, pourrait contenir environ 34 millions de tonnes d'hydrogène. Ce « trésor » énergétique pourrait bénéficier à de nombreuses communes de Moselle et de Meurthe-et-Moselle.
Des travaux préparatoires sont déjà en cours sur d'autres puits d'évaluation. La FDE a obtenu un permis exclusif de recherche couvrant plus de 300 communes de ces deux départements, sur une superficie considérable de 2 254 kilomètres carrés, selon un arrêté publié au Journal officiel en janvier. Cette autorisation ouvre la voie à une exploration approfondie de ce bassin énergétique unique en son genre.
Cette découverte positionne la Lorraine comme un territoire clé dans la transition énergétique, avec un potentiel qui pourrait révolutionner l'accès à l'hydrogène naturel, une énergie propre et renouvelable. Les prochaines étapes de recherche détermineront la faisabilité de l'exploitation de cette ressource prometteuse.



