Grâce aux technologies présentes ce week-end à Monaco pour le E-Prix, l’entrepreneur David Carvalho a développé une plateforme roulante autonome, pour penser le transport du futur.
Un drone terrestre né de l’inspiration de la Formule E
Si la Formule E - organisatrice du Monaco E-Prix - est un accélérateur d’innovations pour l’industrie automobile mondiale, elle est également une source d’inspiration pour certaines structures plus petites. C’est le cas de l’agence de design L2 Concept et du constructeur de véhicules spécialisés Factory Unit. Basées à Sophia Antipolis et invitées à partager leur expérience au cours d’un cycle de conférence promu par la FE, elles ont, main dans la main, développé « Half », une plateforme roulante autonome, qui se présente tel un « drone terrestre » ou « une mule ».
Pour ce faire, David Carvalho, président-directeur général de Factory Unit, est allé étudier dans le détail les circuits de Formule E. « Le grand lien avec la Formule E, c’est Spark Racing Technology, qui fournit notamment les monoplaces en compétition. Nous utilisons leur dernière génération de moteur ainsi que des batteries à haute densité, interchangeables. Comme en Formule E, nous faisons de la récupération d’énergie, mais de manière un peu différente », introduit l’entrepreneur.
Les objectifs de Half : démocratiser la mobilité autonome
Les objectifs de ce « Half » sont limpides : « nous souhaitons démocratiser la mobilité à d’autres industriels que ceux des transports. L’industrie automobile est une industrie lourde qui demande des investissements colossaux pour pouvoir développer des objets ultra-sophistiqués. » À l’heure où le véhicule sans conducteur est en plein essor hors d’Europe, David Carvalho et ses équipes entendent dans un premier temps offrir une solution autonome dans des environnements prédéfinis pour faire un pas de plus vers ce qui semblait encore une vue de l’esprit il y a quelques années.
Des cas d’utilisation multiples
« Il y a plein de petites villes, villages, ou zones délimitées qui ne bénéficient pas de ce type de transport et qui pourrait en tirer profit. Tous les environnements semi-structurés, à la différence de la voirie publique, comme les festivals, les parcs à thème, les campings, le monde de l’agriculture et les diverses activités qu’il impose », assure-t-il.
« Half » peut aussi bien transporter des personnes que des marchandises. Pesant 100 kg - sa base réalisée en bois - il peut supporter jusqu’à six fois son poids. Amélioré grâce à l’intelligence artificielle et disposant de divers capteurs, radars et caméras pour choisir l’itinéraire le plus adapté, « Half » s’adapte à de nombreux usages grâce à son système de branchement. « Il fonctionne comme une plateforme commune. En fonction de ce qu’on veut en faire, on va retrouver des éléments différents surmontant la plateforme. C’est comme une grosse prise USB qu’on connecte avec un accessoire. »
Actuellement, le cas d’utilisation le plus concret de cette « mule » se situe au port d’Antibes, « afin de gérer la logistique et le service pour les plaisanciers ».



