Guerre en Iran : taxons les superprofits pétroliers pour la transition
Guerre en Iran : taxons les superprofits pétroliers

Les crises ne sont pas des cataclysmes pour tout le monde. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, les géants pétroliers engrangent les bénéfices : le pétrole est plus rare, la demande est en hausse, la spéculation est à son comble, et seuls quelques acteurs détiennent les volumes restants, faisant flamber les prix et les profits qui vont avec. A fortiori quand ces quelques acteurs ne sont qu’un, TotalEnergies, qui a joué plus habilement que les autres pour être en position dominante sur le marché et réaliser, selon les calculs du « Financial Times », 868 millions d’euros de bénéfice en deux mois.

Ce mécanisme n’est pas nouveau, et se répète à chaque crise énergétique. Selon un rapport de l’ONG Global Witness [PDF], les grandes compagnies pétrolières ont déjà engrangé des bénéfices record à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, estimés à plus de 398 milliards d’euros.

Il paraît évident que cette manne financière n’incite pas les géants pétroliers à amorcer leur transition énergétique : ils ont même aujourd’hui intérêt à augmenter la production de fossiles et à maximiser leurs flux de trésorerie, plutôt que de pivoter vers les énergies renouvelables. TotalEnergies, en particulier, semble profiter de chaque tension géopolitique pour accroître ses marges.

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Une nécessité pour la décarbonation

Mettre à contribution ces superprofits est une nécessité pour accélérer la décarbonation des ménages. Les fonds récoltés pourraient être investis dans des aides directes pour l’isolation des logements, l’achat de véhicules électriques ou le développement des énergies propres. Sans cette taxation, les pétroliers continueront à freiner la transition énergétique, préférant les profits à court terme à l’intérêt général.

Des précédents encourageants

Plusieurs pays ont déjà tenté de taxer les superprofits des énergéticiens, avec des résultats mitigés. Une taxe bien conçue, progressive et ciblée, pourrait éviter les effets de bord et garantir que l’argent aille là où il est le plus utile : dans la poche des citoyens et dans la transformation du modèle énergétique.

Le débat est ouvert, mais l’urgence climatique et la justice fiscale imposent d’agir. Les profits exceptionnels réalisés sur le dos des crises doivent servir à préparer l’avenir, pas à enrichir davantage ceux qui en ont déjà le plus.

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