Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale a annoncé le lancement d'une commission d'enquête parlementaire visant à examiner les causes et les conséquences de l'aggravation de la pauvreté en France depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017. Cette initiative, dévoilée mardi lors d'une conférence de presse, entend également mettre en lumière les « manquements » des politiques publiques face à cette situation.
Une hausse alarmante de la pauvreté
Selon les données de l'Insee citées par les députés socialistes, la France comptait 9,8 millions de personnes en situation de pauvreté en 2023, soit 1,2 million de plus qu'en 2017. Le taux de pauvreté atteint ainsi un niveau record de 15,4 % de la population. Cette augmentation touche particulièrement les travailleurs seniors et les personnes âgées de plus de 65 ans, dont le taux de pauvreté a bondi de 3,4 points sur la période.
Conséquences sur le quotidien
Cette flambée de la pauvreté a des répercussions directes sur la vie quotidienne des Français, notamment pour se chauffer, se nourrir ou faire face aux dépenses essentielles. Les socialistes pointent du doigt plusieurs réformes économiques et sociales menées depuis 2017, telles que la baisse des APL, les réformes successives de l'assurance chômage et le recul progressif de l'âge légal de départ à la retraite.
Objectifs de la commission
La commission d'enquête, lancée moins d'un an avant l'élection présidentielle de 2027, devra déterminer l'impact précis de ces réformes sur la hausse de la pauvreté. Elle devra aussi identifier « les manquements des politiques publiques pour combattre cette flambée de pauvreté », avec pour objectif de formuler des recommandations visant à stopper cette progression et à amorcer une baisse durable.
Le député PS Gérard Leseul a souligné qu'il y a « effectivement un peu de politique derrière cette commission d'enquête, mais il y a surtout une réalité que vivent nos concitoyens et qui est une réalité extrêmement difficile ». Les socialistes espèrent remettre leur rapport fin octobre ou début novembre au plus tard, en utilisant leur « droit de tirage » qui leur permet de lancer une commission d'enquête par session parlementaire.



