Les grandes enseignes s'engagent à répercuter la baisse du pétrole sur les prix à la pompe
L'Union des importateurs indépendants pétroliers (UIP), qui fédère les principales enseignes de distribution pour l'approvisionnement en carburants, a pris un engagement ferme mercredi 25 mars. L'organisation a promis de répercuter « immédiatement » le recul des cours du pétrole dans les prix des carburants, même si cette opération pourrait prendre plusieurs semaines selon les circonstances.
Un contexte de volatilité des marchés pétroliers
Depuis le début de la semaine, le cours du baril de Brent a enregistré une baisse significative de presque 12 %. Cette chute fait suite aux déclarations du président américain Donald Trump concernant des négociations pour un plan de paix avec l'Iran, des propos qui ont été rapidement démentis par Téhéran. Dans ce contexte de marché particulièrement volatil, les entreprises de la grande distribution représentées par l'UIP – notamment Auchan, Carrefour, Intermarché, Leclerc et Système U – ont voulu rassurer les consommateurs.
Dans un communiqué officiel, l'organisation a déclaré : « Sur un marché très volatil, les entreprises de la grande distribution garantissent ainsi que toute baisse de coûts sera immédiatement répercutée vers le consommateur, au rythme des réapprovisionnements et des remplissages de cuves. » L'UIP, qui représente environ 5 200 stations-service soit la moitié du réseau français, a ajouté : « Tous les efforts seront faits pour que chaque centime économisé à l'achat se retrouve économisé à la pompe. »
Un délai de mise en œuvre variable selon les stations
Le ministre de l'Économie Roland Lescure a toutefois appelé à la prudence sur ce point, en sortie du Conseil des ministres. En effet, la baisse d'« à peu près 30 centimes » par litre de carburant, promise plutôt dans le mois par Michel-Édouard Leclerc, n'a pas encore eu lieu, comme l'a reconnu le dirigeant lui-même.
Techniquement, la répercussion de la baisse des cours n'est pas réalisée en « temps réel », mais dépend du rythme de livraison des carburants au sein des stations-service, comme l'explique un porte-parole de l'UIP à l'AFP. « Pour les grosses stations livrées quotidiennement, les répercussions s'effectuent en quelques jours. Pour les stations étant livrées par exemple tous les 15 jours, cette répercussion est plus longue », précise-t-on.
Les marges des distributeurs sous surveillance
Par ailleurs, le ministre des PME et du pouvoir d'achat Serge Papin a estimé que les marges des distributeurs n'avaient pas augmenté depuis la crise pétrolière, « à l'inverse de celles des raffineurs ». Les enseignes de distribution font régulièrement valoir que leurs marges de distribution sont au plus bas, soit de l'ordre de quelques centimes par litre, du fait de leur modèle économique.
Selon l'UIP, « Les stations-service sont des produits d'appels pour les grandes enseignes » qui ont « donc tout intérêt à appliquer une marge ultra-compétitive ». Cette stratégie commerciale explique en partie leur engagement à répercuter rapidement les baisses de coûts.
La situation actuelle des prix à la pompe
Jeudi, le gazole, carburant routier le plus utilisé en France, se vendait à 2,21 euros le litre en moyenne selon un calcul de l'AFP réalisé sur les prix rapportés par quelque 9 600 stations à un site gouvernemental. Cela représente une augmentation de 49 centimes (+28,86 %) par rapport au 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l'Iran.
Le SP95-E10, l'essence la plus consommée, s'affichait quant à lui à 1,99 euro le litre (+27 centimes et +15,98 %), tout près du seuil psychologique de 2 euros. Les chiffres du gouvernement de la semaine dernière, arrêtés à vendredi et publiés lundi, rapportent un prix moyen du gazole à 2,1 euro du litre et à 1,94 pour le SP95-E10. Il s'agit d'une hausse de 9,1 centimes pour le gazole par rapport à la semaine précédente et de 8 centimes pour le SP95-E10.
Cette situation illustre la complexité de la transmission des variations des cours du pétrole vers les prix à la pompe, un processus qui dépend de multiples facteurs logistiques et commerciaux.



