EDF enregistre un recul de son bénéfice net en 2025 malgré une production nucléaire renforcée
Le géant électricien français EDF a dévoilé ce vendredi ses résultats financiers pour l'année 2025, affichant un bénéfice net en net recul de 26,3%. Cette baisse significative intervient malgré une hausse notable de la production nucléaire, qui a partiellement compensé l'impact de la chute des prix de l'électricité sur les marchés. Le bénéfice net s'établit ainsi à 8,4 milliards d'euros, contre 11,4 milliards d'euros en 2024, une année qui avait été marquée par des performances record.
Des chiffres clés en baisse et une dette réduite
Le chiffre d'affaires du groupe a également reculé, affichant une diminution de 4,5% pour s'établir à 113,3 milliards d'euros. Ces données ont été communiquées officiellement par EDF dans un communiqué de presse. Malgré ce contexte financier moins favorable, le groupe a poursuivi ses efforts de réduction de l'endettement, profitant de l'amélioration de ses flux de trésorerie. La dette nette a ainsi été ramenée à 51,5 milliards d'euros, soit une baisse de 2,9 milliards d'euros par rapport à la fin de l'année 2024.
Cette réduction de l'endettement intervient à un moment crucial pour EDF, qui s'apprête à engager des investissements massifs dans la relance du parc nucléaire en France. Fort de ces résultats, le groupe propose le versement d'un dividende d'un milliard d'euros à son actionnaire unique, l'État français.
Une production nucléaire en hausse et des perspectives opérationnelles solides
Le PDG d'EDF, Bernard Fontana, a commenté ces résultats en mettant en avant la solidité des performances opérationnelles et financières du groupe. « L'année 2025 a été marquée par des résultats opérationnels et financiers solides », a-t-il déclaré, cité dans le communiqué. Il a souligné que ces chiffres reflètent « les actions engagées pour augmenter durablement notre performance opérationnelle, avec une production nucléaire en hausse ».
La production nucléaire a effectivement atteint 373 térawattheures (TWh), contribuant à atténuer l'impact de la baisse des tarifs de l'électricité. Cette augmentation de la production constitue un élément clé de la stratégie du groupe pour maintenir sa compétitivité dans un marché énergétique en mutation.
Le projet Hinkley Point C ajusté avec un planning « plus réaliste »
Parallèlement à ces résultats annuels, EDF a annoncé un réajustement majeur concernant son projet de construction de deux réacteurs nucléaires sur le site d'Hinkley Point C au Royaume-Uni. Le coût total du projet est désormais estimé à 35 milliards de livres sterling, en hausse par rapport à la précédente réévaluation de 2024, qui le chiffrait entre 31 et 34 milliards de livres. À titre de comparaison, le coût initial estimé en 2016 était de 18 milliards de livres.
Le calendrier a également été revu, avec un démarrage du premier réacteur prévu pour 2030. Cette date se situe dans la fourchette annoncée précédemment, qui tablait sur une mise en service au mieux en 2029, voire 2031, après une série de retards accumulés. Bernard Fontana a évoqué lors d'un appel aux journalistes un planning « plus réaliste », tout en précisant que ce décalage reste « à l'intérieur d'une fourchette qui elle n'a pas changé ».
À l'occasion de la présentation de ces résultats, EDF a indiqué avoir inscrit une dépréciation de la valeur du projet Hinkley Point C pour un montant de 2,5 milliards d'euros. Cette dépréciation est liée à une révision tarifaire du prix garanti de vente de l'électricité produite par le futur site.
Perspectives et défis pour EDF
En résumé, l'année 2025 a été marquée pour EDF par :
- Un bénéfice net en baisse de 26,3% à 8,4 milliards d'euros.
- Une production nucléaire en hausse à 373 TWh, compensant partiellement la chute des prix de l'électricité.
- Une réduction de la dette nette à 51,5 milliards d'euros.
- Un ajustement du projet Hinkley Point C, avec un coût révisé à 35 milliards de livres et un démarrage prévu en 2030.
- Une dépréciation de 2,5 milliards d'euros liée à ce projet britannique.
Ces éléments dessinent un paysage financier contrasté pour le géant de l'énergie, qui doit naviguer entre les défis des marchés, les impératifs de la transition énergétique et les lourds investissements dans le nucléaire, tant en France qu'à l'international.



