Une station-service sur dix confrontée à des ruptures de carburant en France
Selon les données publiques compilées, sur les 9 500 stations-service que compte l'Hexagone, environ 10 % sont actuellement en situation de rupture de stock pour au moins l'un des principaux carburants. Cette statistique préoccupante s'appuie sur les déclarations effectuées sur le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr, où une station est considérée comme « en rupture » si elle a signalé une indisponibilité, que ce soit pour l'essence ou le gazole, à un moment quelconque de la journée.
Une augmentation significative depuis le début du mois de mars
Le nombre de stations touchées par des ruptures, qu'elles soient totales ou partielles, a connu une hausse marquée à partir de début mars. Cette détérioration coïncide avec les premières frappes israélo-américaines sur l'Iran, qui ont entraîné de facto la fermeture du détroit d'Ormuz. Ce passage maritime constitue une artère vitale pour l'approvisionnement mondial en pétrole, et sa perturbation a eu des répercussions sur les chaînes logistiques.
Concrètement, alors que le nombre moyen de stations en difficulté se situait autour de 130 en janvier et février, il a dépassé la barre des 700 à la fin de la semaine dernière. Près de 3 % des stations ne commercialisent actuellement ni gazole ni essence, une situation qui génère des inquiétudes parmi les automobilistes.
Le gouvernement se veut rassurant face à la situation
Les chiffres avancés par les observateurs rejoignent les estimations officielles. La ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a ainsi indiqué que « moins de 10 % » des stations-service étaient concernées par des ruptures « totale ou partielle ». Elle a tenu à rassurer l'opinion publique en affirmant, mercredi sur TF1, qu'il n'existait « aucun risque de rupture d'approvisionnement » à l'échelle nationale.
La ministre a précisé que les stations du groupe TotalEnergies étaient particulièrement touchées. Cette situation s'expliquerait en partie par la mise en place d'un prix plafond par l'entreprise, « ce qui génère une affluence » et accélère l'écoulement des stocks.
Des fluctuations hebdomadaires et un contexte moins critique qu'en 2022
Le nombre de stations en difficulté a même franchi le seuil des 1 000 ce week-end et lundi. Toutefois, cette augmentation suit un schéma récurrent : les dimanches, lundis et mardis sont traditionnellement des jours où les ruptures sont plus fréquentes. Cette cyclicité s'explique par une baisse des livraisons par camions-citernes durant le week-end, qui impacte le réapprovisionnement.
Malgré cette hausse préoccupante, la situation actuelle reste nettement moins tendue que lors de la crise majeure d'octobre 2022. À cette époque, de longues grèves dans les raffineries avaient provoqué une pénurie généralisée, avec plus de 4 500 stations en rupture totale ou partielle pendant plusieurs jours. Le contexte géopolitique actuel, bien que source de perturbations, n'a donc pas encore engendré une crise d'une ampleur comparable.



