La ministre de l'Énergie rassure sur l'approvisionnement en carburant
Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Énergie et porte-parole du gouvernement, a affirmé ce mercredi 1er avril 2026 sur TF1 qu'il n'existe « aucun risque de rupture d'approvisionnement » en carburant sur le territoire français. Cette déclaration intervient alors que des files d'attente devant certaines stations-service alimentent les craintes d'une pénurie.
Des tensions limitées à moins de 10% des stations
La ministre a précisé que « moins de 10% des stations » connaissent actuellement des difficultés d'approvisionnement, qu'elles soient totales ou partielles. Elle a immédiatement ajouté : « Je rappelle qu'on a toujours nos stocks stratégiques », soulignant ainsi la capacité de la France à faire face à cette situation.
Le prix plafonné de TotalEnergies, principale cause des tensions
L'explication de ces tensions est avant tout commerciale. Elles concernent principalement les stations du groupe TotalEnergies, qui a mis en place un prix plafond sur ses carburants :
- L'essence à 1,99 €/litre
- Le diesel à 2,09 €/litre
Cette mesure, prolongée jusqu'au 7 avril dans ses 3.300 stations de métropole, génère un afflux massif de clients cherchant à bénéficier des tarifs les plus bas du marché. Maud Bregeon a expliqué que « ce qui génère une affluence dans un grand nombre de ses stations, ce type de tensions ».
Un phénomène déjà observé lors de précédentes crises
Cette situation n'est pas inédite. Un phénomène similaire avait été constaté lors de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, lorsque TotalEnergies avait déjà procédé à un plafonnement de ses prix. Francis Pousse, président du syndicat Mobilians qui représente 5.800 stations-service traditionnelles, confirme cette analyse : « Il faut relativiser, il n'y a pas de problème de pénurie sur le territoire national. En revanche, évidemment, chez TotalEnergies, qui est le moins cher du moins cher en ce moment, il y a eu afflux de clientèle ».
Contexte de flambée historique des prix
Cette situation de tension s'inscrit dans un contexte de hausse spectaculaire des prix du carburant. La semaine dernière, le prix du litre de gazole a atteint un record absolu depuis 1985 en moyenne hebdomadaire, dépassant même les sommets enregistrés après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Les causes géopolitiques de la hausse
La cause principale de cette flambée des prix réside dans la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par l'offensive conjointe des États-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février. Ce conflit a fortement fait monter les cours du pétrole, avec :
- Une grande partie des exportations de brut des pays du Golfe bloquées
- La quasi-paralysie du détroit d'Ormuz
- De nombreuses frappes sur les infrastructures énergétiques de la région
Les secteurs les plus exposés et les mesures gouvernementales
En France, les secteurs les plus touchés par cette hausse des prix sont :
- La pêche
- Le transport
- L'agriculture
Face à cette situation, le gouvernement a annoncé vendredi dernier une série d'aides ciblées pour soutenir ces filières particulièrement vulnérables aux fluctuations du prix des carburants.
Malgré ce contexte difficile, le message du gouvernement reste clair : aucune pénurie de carburant n'est à craindre en France, même si des tensions ponctuelles peuvent survenir dans certaines stations en raison de stratégies commerciales spécifiques.



