BMW explore les carburants neutres comme alternative crédible à l'électrique
Contrairement à certains constructeurs qui misent exclusivement sur l'électrification, BMW maintient depuis des années une position plus nuancée, estimant que la transition énergétique ne passera pas uniquement par la voiture électrique. Pour étayer cette vision, le constructeur allemand a participé à une étude approfondie menée en collaboration avec le Karlsruhe Institute of Technology (KIT), le Deutsches Biomasseforschungszentrum (DBFZ) et le bureau d'ingénierie Freyberger.
Un potentiel considérable pour l'Europe d'ici 2040
Selon ces travaux de recherche, les carburants renouvelables, également appelés Carbon Neutral Fuels (CNF), pourraient théoriquement couvrir l'intégralité des besoins du parc automobile européen à l'horizon 2040. L'étude révèle que ces carburants ne se limitent pas aux huiles usagées recyclées, qui ne représentent qu'environ 1% du potentiel total.
L'essentiel de la production proviendrait plutôt de ressources actuellement sous-exploitées en Europe, telles que :
- Les résidus agricoles
- Les déchets organiques
- Le bois et autres biomasses
Des projections optimistes mais réalistes
Les chercheurs ont établi plusieurs scénarios pour évaluer le potentiel de ces carburants neutres. Dans le meilleur des cas, l'Union européenne pourrait même produire un surplus de carburants renouvelables, atteignant jusqu'à 107% de la demande anticipée pour 2040.
Même dans l'évaluation la plus pessimiste, la couverture resterait significative avec environ 67% des besoins automobiles européens satisfaits par ces carburants alternatifs. Ces chiffres démontrent le rôle potentiellement majeur que pourraient jouer les CNF dans la décarbonation du transport routier.
Les défis à surmonter pour une adoption large
Malgré ce potentiel prometteur, l'étude n'occulte pas les obstacles substantiels qui subsistent. Les analystes identifient plusieurs défis majeurs :
- La complexité logistique : La collecte des ressources dispersées à travers le Vieux Continent s'avérerait à la fois complexe et coûteuse à organiser efficacement.
- La concurrence sectorielle : L'industrie automobile serait en concurrence directe avec d'autres secteurs comme l'aviation et l'industrie lourde, qui se tournent déjà vers ces mêmes carburants renouvelables.
- Le cadre réglementaire : Une percée significative de cette solution semble difficile à imaginer sans un cadre réglementaire clair et incitatif de la part des institutions européennes.
Cette étude confirme ainsi la position de BMW qui, contrairement à certains de ses concurrents, continue d'explorer plusieurs voies parallèles pour réussir la transition énergétique, sans se limiter à la seule électrification du parc automobile.



