Castillon-la-Bataille : l'expérimentation Zéro chômeur crée emplois et commerce bio
Zéro chômeur à Castillon : emplois et commerce bio créés

Castillon-la-Bataille : quand l'expérimentation Zéro chômeur donne vie à un commerce bio

Depuis un an et demi, l'expérimentation Territoire zéro chômeur de longue durée (TZCLD) se déploie à Castillon-la-Bataille, en Gironde, autour de l'entreprise à but d'emploi Casti'lab. Plus d'une cinquantaine de personnes durablement éloignées du marché du travail y ont trouvé un emploi stable et valorisant.

Bio d'ici : une épicerie-crêperie née de l'innovation sociale

Large sourire aux lèvres, Gilles accueille chaleureusement les clients à la caisse de Bio d'ici, la boutique-crêperie imaginée par les équipes de Casti'lab. Ce commerce bio, qui combine épicerie et restauration, a ouvert ses portes le mardi 23 avril dans la rue principale de cette bastide girondine. Pour les habitants, c'est un nouveau commerce de qualité ; pour Casti'lab, c'est une source d'emplois pour une bonne partie de ses 55 salariés.

Pour Gilles, 58 ans, ancien responsable de magasins bio sans emploi depuis trois ans avant d'intégrer le programme, c'est « une grande satisfaction ». Après avoir envoyé « des tonnes de CV sans décrocher un seul entretien », il attribue ses difficultés à l'âge. Quatorze mois plus tard, il semble rajeuni, fier de pouvoir « valider ses trimestres pour la retraite » et de travailler pour une « entreprise novatrice ».

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Un projet qui nécessite patience et adaptation

Valentin Lœvenbruck, directeur de Casti'lab, souligne la complexité du projet : « Il faut être patient quand on lance des projets innovants comme celui-là ». Après la signature du bail en mars 2023, l'équipe a dû apprendre simultanément la rénovation de bâtiments, la restauration et la gestion d'épicerie. L'objectif est de tripler le chiffre d'affaires en 2024 grâce à Bio d'ici, mais le directeur tempère : « ça ne se fait pas d'un claquement de doigts ».

Un défi financier s'ajoute : depuis le 1er octobre, l'État a réduit sa participation au financement des emplois de 102% à 95% du SMIC brut. Pour Casti'lab, cela représente 80 000 euros en moins sur un budget de 1,5 million d'euros. « C'est peu et beaucoup à la fois », observe Valentin Lœvenbruck, « cela ampute notre marge de manœuvre pour recruter des experts qui peuvent structurer les activités ».

Diversification des activités et accompagnement personnalisé

Casti'lab teste diverses activités depuis un an : atelier couture, entretien d'espaces verts, événementiel, menuiserie avec fabrication de composteurs. Le directeur annonce un nouveau projet : « le recyclage de cartons pour les transformer en litière pour animaux ». Ces initiatives permettent d'embaucher une à deux personnes par mois depuis novembre.

Clara Lasserre, serveuse de 30 ans sans diplôme et mère de quatre enfants, apprécie la flexibilité : « Ici, ils sont arrangeants. Si j'ai un souci avec les enfants, je sais que ça ira ». Cependant, elle envisage de partir si elle trouve un travail ailleurs, reflétant l'un des enjeux de l'expérimentation : réinsérer les demandeurs d'emploi.

Un problème structurel d'offre d'emploi

Valentin Lœvenbruck rappelle le contexte national : « En gros, il y a 2,5 millions de chômeurs en France pour 350 000 emplois vacants. C'est un problème d'offre ». Il plaide pour la création d'emplois et l'extension des Territoires zéro chômeur.

Le principe du TZCLD est inverse à celui d'une entreprise classique : il ne s'agit pas de recruter pour un besoin existant, mais de proposer des activités adaptées aux personnes exclues du marché du travail, via des emplois subventionnés intégrés au tissu économique local. À Castillon-la-Bataille, cette approche montre déjà des résultats concrets, mêlant insertion professionnelle et développement économique territorial.

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