Télétravail et natalité : une étude révèle un impact positif sur la fécondité des couples
Télétravail et natalité : un impact positif sur la fécondité

Télétravail et natalité : une corrélation positive mise en lumière par une étude internationale

Et si le télétravail constituait l'une des solutions pour relancer la natalité dans les pays développés ? Le 29 janvier 2026, une équipe de chercheurs prestigieuse des universités de Stanford et de Princeton, en collaboration avec plusieurs instituts internationaux, a publié une vaste enquête analysant les liens entre télétravail et natalité dans le contexte post-pandémique de la Covid-19.

Des résultats significatifs dans 38 pays étudiés

Cette étude d'envergure, portant sur pas moins de 38 pays, arrive à une conclusion sans équivoque : la fécondité réelle entre 2023 et début 2025 ainsi que la fécondité prévue pour l'avenir sont plus élevées chez les adultes pratiquant le télétravail au moins un jour par semaine. L'effet est encore plus prononcé lorsque les deux membres du couple bénéficient de cette modalité de travail.

Les chercheurs ont établi des chiffres précis : la fécondité est supérieure de 0,32 enfant par femme lorsque les deux partenaires travaillent à domicile un ou plusieurs jours par semaine, par rapport aux couples où aucun des deux ne pratique le télétravail. Pour Maxime Sbaihi, économiste et expert associé à l'Institut Montaigne, cette étude représente le premier travail d'envergure méthodologiquement robuste qui objective véritablement cette question.

Des données précises et des variations selon les configurations

En s'appuyant sur les données de l'enquête mondiale sur les conditions de travail (G-SWA) et sur l'Enquête américaine sur les modalités de travail et les attitudes (SWAA), les chercheurs ont pu quantifier précisément l'impact : lorsque les deux partenaires télétravaillent au moins un jour par semaine, la fécondité totale est supérieure d'environ 14% par rapport aux couples sans accès au télétravail.

L'étude révèle également des différences selon la configuration :

  • Si seule la femme télétravaille : +0,22 enfant par femme
  • Si seul l'homme télétravaille : +0,1 enfant par femme
  • Si les deux télétravaillent : +0,32 enfant par femme

L'exemple américain et les mécanismes explicatifs

Aux États-Unis, l'effet est encore plus marqué avec une fécondité supérieure de 18% (0,45 enfant par femme) lorsque le couple pratique le télétravail. Les auteurs de l'étude estiment que le télétravail serait responsable de 291 000 naissances aux États-Unis en 2024, soit 8,1% des 3,6 millions de naissances enregistrées cette année-là.

Comment expliquer cette corrélation ? Pour les chercheurs, la raison principale réside dans la facilitation de l'équilibre entre vie personnelle, éducation des enfants et vie professionnelle. Le télétravail réduit significativement les coûts de temps et de coordination liés à la combinaison du travail rémunéré et de la vie familiale, selon les termes de l'étude.

Une piste pour la France face au déclin démographique

Maxime Sbaihi, auteur d'un essai remarqué sur le piège de la dénatalité intitulé Les balançoires vides : Le piège de la dénatalité, voit dans ces résultats une confirmation de sa thèse : La natalité en France ne diminue pas nécessairement par volonté mais également en raison de contraintes structurelles.

Il explique : Lorsque les familles consacrent moins de temps aux déplacements domicile-travail, elles disposent mécaniquement de davantage de temps en famille. Le télétravail offre effectivement plus de flexibilité sur les horaires de déjeuner, les heures de début et de fin de service, facilitant ainsi l'organisation familiale.

Prudence et appel à la réflexion

Malgré ces résultats encourageants, les chercheurs concluent avec prudence : le télétravail seul n'est pas suffisamment puissant pour inverser les baisses de fécondité. Ils rappellent qu'en France, le nombre de nouveau-nés a chuté de 24% en dix ans, et le taux de fécondité de 19%.

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès en France (651 000) a dépassé celui des naissances (645 000) en 2025. Face à cette situation préoccupante, Maxime Sbaihi en appelle aux entreprises : La tendance actuelle au retour massif au bureau et à la restriction du télétravail mériterait peut-être une réflexion approfondie.

Il suggère de considérer le télétravail sous l'angle de la conciliation vie professionnelle-vie personnelle, du bien-être familial et, par conséquent, de la natalité. Cette étude ouvre ainsi une piste de réflexion importante pour les politiques familiales et les stratégies d'entreprise dans un contexte de préoccupation démographique croissante.