Surendettement des jeunes : Marie, étudiante de 23 ans, témoigne de son obsession pour l'argent
Surendettement des jeunes : le témoignage poignant d'une étudiante

Surendettement des jeunes : le cri d'alarme d'une étudiante montpelliéraine

Marie Dubois, étudiante de 23 ans en master 2 de direction artistique à Montpellier, vit avec une obsession quotidienne : l'argent. Son témoignage poignant illustre l'augmentation préoccupante du surendettement chez les jeunes adultes en France, un phénomène récemment mis en lumière par la Banque de France.

Un prêt étudiant qui tourne au cauchemar

En 2019, Marie a contracté un crédit de 15 000 euros pour financer son bachelor en design graphique au Lisaa de Montpellier. "À la base, mon crédit, c'étaient mes parents qui devaient le rembourser. Mais la vie en a décidé autrement", explique-t-elle. Aujourd'hui, elle doit rembourser seule 260 euros par mois, une somme qui pèse lourdement sur son budget d'étudiante.

Sa décision de poursuivre des études artistiques était motivée par la passion : "Je me suis rendu compte que ma passion, c'était l'art. C'était ce que je faisais le mieux et qui me faisait le plus vibrer". Mais cette passion a un prix élevé : deux années d'études à 15 000 euros chacune, financées par un prêt étudiant qui la place aujourd'hui dans une situation de surendettement.

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Une augmentation alarmante chez les jeunes

Marie fait partie d'une génération de plus en plus touchée par le surendettement. Selon les derniers chiffres de la Banque de France :

  • Le nombre de dossiers déposés par les moins de 30 ans est passé de 12 500 en 2024 à 17 000 en 2025
  • Chez les 18-25 ans, on observe une augmentation vertigineuse de 65%

Ces statistiques confirment une tendance nationale inquiétante qui touche particulièrement les jeunes adultes en début de vie active.

Le poids des responsabilités familiales

La situation familiale de Marie a aggravé sa précarité financière. Sa mère, qui subvient seule aux besoins du foyer avec un salaire au SMIC, a dû contracter un crédit à la consommation. "Ça m'a traumatisée de voir ma mère se démener comme ça. Franchement, heureusement qu'on n'était pas plus d'enfants, c'était dur et ça fait très peur", confie l'étudiante.

Le père de Marie, ayant vécu à l'étranger pendant près de vingt ans, n'est plus présent pour aider financièrement. "Au départ, il nous aidait, mais quand on a fait le crédit, il n'était plus là", déplore-t-elle.

La course contre la montre pour rembourser

Pour faire face à ses mensualités, Marie a multiplié les petits jobs : caissière, femme de ménage dans une usine, et même des projets "au black" malgré ses quarante heures de travail hebdomadaires. "C'était une période de grande démotivation, de peur aussi. Il y a cette peur constante de ne pas pouvoir rembourser", raconte-t-elle.

Son raisonnement illustre le cercle vicieux du surendettement étudiant : "J'ai un crédit étudiant qui doit me permettre d'avoir un diplôme afin d'avoir un métier qui va me faire gagner assez d'argent pour rembourser ce crédit".

L'alternance : une solution difficile d'accès

Marie a finalement trouvé une porte de sortie grâce à un stage en alternance dans une agence de communication, obtenu par l'intermédiaire d'un contact. Sa mère, ayant trouvé un emploi, l'aide désormais à hauteur de 160 euros par mois.

Mais malgré ces améliorations, la pression reste constante. "Mentalement, je suis épuisée, épuisée par la pression, la peur, les responsabilités que ça me donne alors que je n'ai même pas encore vraiment commencé ma vie", confie l'étudiante.

Elle continue de se "serrer la ceinture" et avoue être toujours "obnubilée par l'argent" : "Parce que vu que je sais que je dois de l'argent à l'État, je suis obligée de trouver un moyen d'en gagner".

Le témoignage de Marie, dont le prénom a été changé, résonne comme un avertissement sur les difficultés financières croissantes rencontrées par les jeunes générations, particulièrement dans un contexte économique tendu où les études supérieures représentent un investissement risqué.

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