Stellantis France propose 2,1% d'augmentation salariale, les syndicats déçus
Stellantis propose 2,1% d'augmentation, syndicats insatisfaits

Négociations salariales tendues chez Stellantis France

La direction de Stellantis France a présenté aux organisations syndicales une proposition d'augmentation de la masse salariale de 2,1% pour l'année 2025, à l'issue de neuf heures de négociations intenses qui se sont prolongées tard dans la nuit de jeudi à vendredi au siège du groupe à Poissy, dans les Yvelines. Cette annonce intervient dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), menées dans un contexte particulièrement difficile pour le constructeur automobile.

Une proposition jugée insuffisante par les syndicats

La proposition de la direction, qui anticipe déjà la transposition en droit français de la directive européenne sur la transparence des rémunérations (représentant 0,2% de l'augmentation), a été immédiatement critiquée comme trop faible par plusieurs organisations syndicales. La CFE-CGC, syndicat majoritaire, a souligné que cette hausse de 2,1% s'inscrivait dans un contexte d'inflation à 0,7%, préservant théoriquement le pouvoir d'achat des salariés.

Aude Blanc, DRH France de Stellantis, a déclaré dans un communiqué : « Dans le cadre d'une année difficile, il s'agit de reconnaître la contribution des collaborateurs avec un budget d'augmentation engagé, préservant le pouvoir d'achat et valorisant la performance individuelle. »

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Les détails de la proposition salariale

La proposition détaillée prévoit des augmentations différenciées selon les catégories professionnelles :

  • Les techniciens bénéficieront d'une augmentation générale de 0,9%, complétée pour 75% d'entre eux par une hausse individuelle de 1%
  • Les ouvriers auront droit à une augmentation de 1% pour tous, avec une hausse supplémentaire de 0,9% pour 62% des effectifs
  • Les cadres verront 75 à 80% d'entre eux bénéficier d'augmentations individuelles, mais sans hausse générale pour cette catégorie

Cette augmentation salariale, qui sera rétroactive et appliquée dès janvier, reste supérieure à l'inflation selon Laurent Oechsel, délégué syndical central affilié à la CFE-CGC.

Les réactions syndicales contrastées

Jérôme Boussard de la CGT a vivement critiqué la proposition, estimant que l'augmentation générale était « trop faible ». Il a précisé : « La direction annonce 1,9% (en retirant les 0,2% liés à la directive européenne), alors que c'est seulement 1% pour 40% de l'effectif. » Il a également dénoncé le « talon » de l'augmentation, fixé à 23 euros, qu'il juge insuffisant pour « finir les fins de mois ».

Du côté de Force ouvrière, Thierry Giroux a exprimé sa déception, affirmant que « les salariés ne doivent pas faire les frais des mauvaises orientations » du groupe. La CFDT a adopté un ton plus nuancé, saluant une direction « davantage à l'écoute et moins dans une logique de confrontation », tout en reconnaissant le « contexte économique incertain » d'un « marché automobile particulièrement tendu ».

Un contexte économique difficile pour Stellantis

Ces négociations interviennent alors que le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, a annoncé la semaine dernière que le groupe allait passer des charges exceptionnelles colossales de 22 milliards d'euros dans ses résultats 2025. Cette décision s'explique notamment par une surestimation des ventes de voitures électriques, particulièrement aux États-Unis, où le marché connaît des difficultés.

Laurent Oechsel a conclu sur une note critique : « Un véritable RESET ne se décrète pas d'en haut. Il se construit avec celles et ceux qui font vivre l'entreprise au quotidien. » Cette déclaration souligne les tensions persistantes entre la direction et les représentants des salariés dans un secteur automobile en pleine transformation.

La direction a précisé que cette proposition de 2,1% s'appliquerait « sous réserve de la signature d'un accord majoritaire des organisations syndicales ». Dans le cas contraire, l'enveloppe retenue serait réduite à 1,5%, ce qui pourrait encore accentuer les tensions sociales au sein du groupe automobile.

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