Recrutement nucléaire en Nouvelle-Aquitaine : France Travail mobilisé pour 10 000 emplois annuels
Recrutement nucléaire : France Travail mobilisé pour 10 000 emplois annuels

France Travail et la Région mobilisés pour le recrutement nucléaire

Avec le soutien actif de France Travail et de la Région Nouvelle-Aquitaine, les centrales nucléaires de Blaye en Gironde et de Civaux dans la Vienne cherchent activement à pourvoir des postes dans près d'une centaine de métiers différents. Une démonstration concrète de cette dynamique a eu lieu à Bordeaux ce 13 mars, lors d'une présentation pédagogique des offres d'emploi organisée dans le quartier de la gare Saint-Jean.

Une trentaine de jeunes répondent à l'appel

Dans une salle de la Halle de l'emploi, inaugurée il y a exactement un an, une trentaine de personnes majoritairement jeunes ont répondu à l'invitation de France Travail pour découvrir les opportunités professionnelles dans le secteur nucléaire. Sur le mur de la salle, une affiche symbolique attire l'attention : « Avant j'étais coiffeuse, maintenant je suis soudeuse », peut-on lire à côté de la photographie d'une femme rayonnante. Cette campagne de communication vise précisément à déconstruire les préjugés entourant la filière atomique.

Démythifier les métiers du nucléaire

Yohan David, référent nucléaire à France Travail, insiste sur la nécessité de démystifier ce secteur d'activité : « Sur un site de centrale nucléaire, on peut exercer comme agent d'accueil, soudeur, chaudronnier, robinetier… Tout le monde ne travaille pas en zone sensible. Nous recherchons avant tout des postures, des personnes dotées d'une philosophie de travail adaptée, qui bénéficieront ensuite des formations nécessaires. »

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Élargir le profil des candidats

Conformément à ses missions fondamentales, l'établissement public pour l'emploi veille à « agir pour le compte des entreprises », en l'occurrence pour EDF et ses milliers de sociétés sous-traitantes. Célia Rodrigues, directrice territoriale de la Gironde à France Travail, précise : « Nous allons systématiquement à la rencontre des publics et nous veillons à élargir les typologies de candidats aux offres d'emploi dans le nucléaire. »

Un contexte énergétique favorable

L'explosion de la centrale de Fukushima au Japon en 2011 avait marqué un coup d'arrêt significatif à l'expansion de l'énergie atomique en Europe. Quinze années plus tard, la situation s'est radicalement inversée. La flambée des prix des ressources fossiles (gaz et pétrole) combinée aux tensions géopolitiques internationales (Ukraine, Iran…) a complètement rebattu les cartes énergétiques. Emmanuel Macron, président de la République, déclarait d'ailleurs ce 12 mars lors d'une visite du chantier des futurs réacteurs de Penly en Seine-Maritime : « En Europe, il y a encore deux ou trois ans, on nous disait : le nucléaire, attention, ce n'est pas bon. »

Une feuille de route ambitieuse

La nouvelle stratégie énergétique française prévoit désormais la construction d'au moins six nouveaux réacteurs dans un avenir proche. Les besoins en main-d'œuvre spécialisée, au nom de la souveraineté énergétique nationale, sont donc appelés à croître de manière exponentielle. La session de recrutement du 13 mars à Bordeaux était spécifiquement organisée pour le compte du GIE Atlantique, un groupement d'employeurs qui réunit, outre EDF, 128 entreprises partenaires.

250 000 emplois et des perspectives solides

Christophe Freland, responsable du GIE Atlantique, expose les enjeux colossaux : « La filière nucléaire représente aujourd'hui 250 000 emplois et rassemble 3 000 entreprises, ce qui en fait la troisième industrie française. Nous devons absolument mettre le paquet sur l'emploi : nous recrutons 10 000 personnes par an sur les dix prochaines années. » Devant l'audience bordelaise, il a longuement vanté les avantages substantiels de la filière nucléaire régionale.

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Des rémunérations attractives

Yohan David complète : « Un robinetier qui accepte une certaine mobilité peut atteindre des rémunérations allant jusqu'à 4 000 euros mensuels. Avec les projets de construction des réacteurs EPR2, la filière reprend incontestablement du poil de la bête. » La Région Nouvelle-Aquitaine participe activement à la formation aux métiers du nucléaire, tandis que France Travail organise, avec ses nombreux partenaires, des sessions de recrutement à Jonzac, Blaye, Libourne, Bordeaux-Nord et dans de nombreuses autres localités. En Gironde seulement, 249 recrutements en CDI ont déjà été effectués depuis le début de l'année 2025.