Mai 2026 : les jours fériés cachent des inégalités salariales selon le statut
Jours fériés de mai 2026 : attention aux écarts de rémunération

Mai 2026 : des jours fériés qui ne profitent pas à tous les salariés de la même manière

Le mois de mai 2026 s'annonce riche en occasions de repos avec le 1er mai, le 8 mai, l'Ascension et le lundi de Pentecôte. De nombreux salariés anticipent déjà des semaines allégées et des week-ends prolongés. Cependant, la réalité sur la fiche de paie est bien moins uniforme qu'il n'y paraît. Derrière ces jours fériés très attendus se cachent des règles complexes qui diffèrent selon l'ancienneté, le statut professionnel, l'organisation de l'entreprise et les accords collectifs applicables. En d'autres termes, deux salariés absents le même jour férié ne percevront pas nécessairement la même rémunération, créant ainsi des disparités parfois importantes.

Le 1er mai : un cas unique dans le paysage des jours fériés

Tous les jours fériés ne se valent pas sur le plan légal. Le 1er mai conserve un statut tout à fait particulier, puisqu'il constitue le seul jour légalement chômé pour l'ensemble des salariés, à l'exception des secteurs où l'activité ne peut être interrompue, comme les hôpitaux, les transports ou l'hôtellerie. Lorsque ce jour n'est pas travaillé, il ne peut entraîner aucune diminution de salaire, et ce sans condition d'ancienneté. Par ailleurs, lorsqu'un salarié est contraint de travailler ce jour-là, sa rémunération doit impérativement être doublée, offrant ainsi une protection renforcée.

Pour les autres jours fériés du mois de mai, en revanche, le principe est nettement moins protecteur. Le 8 mai, le jeudi de l'Ascension ou encore le lundi de Pentecôte ne sont pas automatiquement chômés par la loi. Leur traitement dépend principalement d'un accord d'entreprise, d'une convention collective, d'un usage établi ou, à défaut, de la décision unilatérale de l'employeur. C'est précisément à ce niveau que les écarts de traitement commencent à se creuser entre les différents salariés.

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Jour férié non travaillé : une rémunération loin d'être systématique

L'idée reçue selon laquelle un jour férié chômé est toujours payé est erronée. En dehors du 1er mai, le maintien intégral de la rémunération n'est garanti par la loi qu'aux salariés justifiant d'au moins trois mois d'ancienneté au sein de l'entreprise. Pour les autres, l'absence de travail peut donc se traduire par une retenue sur salaire, sauf si la convention collective prévoit des dispositions plus favorables.

Cette zone d'incertitude concerne en premier lieu les salariés récemment embauchés. Un travailleur arrivé quelques semaines seulement avant les jours fériés de mai peut ainsi découvrir avec surprise que son repos n'est pas intégralement rémunéré. D'autres profils demeurent également moins bien couverts par le texte légal, notamment les salariés travaillant à domicile, les intermittents du spectacle et certains travailleurs dont le statut obéit à des règles particulières. Les intérimaires, quant à eux, bénéficient d'un régime plus protecteur : si le jour férié chômé survient pendant leur mission, il doit en principe être payé selon les mêmes modalités que dans l'entreprise utilisatrice.

Il convient également d'examiner attentivement le planning individuel de chaque salarié. Pour un travailleur à temps partiel, si le jour férié tombe sur une journée habituellement non travaillée, il n'ouvre droit à aucune rémunération supplémentaire. Il ne s'agit pas d'une perte de salaire à proprement parler, mais cette situation peut créer un décalage sensible avec les salariés présents ce jour-là dans l'entreprise. De même, dans certaines configurations, les salariés rémunérés à l'heure ou au rendement peuvent constater plus directement l'impact financier d'un jour férié non payé sur leur fiche de paie.

Travailler un jour férié ne garantit pas automatiquement une meilleure rémunération

Une autre idée reçue tenace veut que travailler un jour férié donne systématiquement droit à une majoration de salaire. En dehors du 1er mai, la loi n'impose pourtant aucun supplément de rémunération. Un salarié qui travaille le 8 mai ou le jour de l'Ascension peut donc être payé normalement, sans bonus particulier, si aucun texte collectif ne prévoit de dispositions plus avantageuses.

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C'est souvent la convention collective qui fait la différence en la matière. Certaines accordent effectivement une majoration, d'autres prévoient un repos compensateur, tandis que d'autres encore n'offrent aucune compensation supplémentaire. Avant de compter sur une paie plus élevée au mois de mai, il est donc fortement recommandé de vérifier les règles spécifiques applicables dans son entreprise. Par ailleurs, un salarié qui refuserait de se présenter au travail un jour férié ordinaire alors qu'il est censé être présent s'expose à une absence injustifiée, avec une retenue sur salaire à la clé.

Faire le pont : une décision qui relève exclusivement de l'employeur

Les ponts du mois de mai entretiennent souvent une certaine confusion parmi les salariés. Lorsqu'un jour férié tombe un jeudi ou un mardi, nombreux sont ceux qui pensent que le vendredi ou le lundi suivant est automatiquement acquis. En réalité, le pont n'est absolument pas un droit. L'employeur conserve toute latitude pour l'accorder, le refuser, ou l'organiser sous une autre forme, par exemple en imposant un jour de congé payé ou de réduction du temps de travail.

Surtout, cette journée intermédiaire n'a pas à être rémunérée automatiquement. Si aucun accord collectif ou usage établi ne prévoit son paiement, l'entreprise peut décider que les heures non travaillées seront récupérées ultérieurement. Contrairement aux heures perdues à cause d'un jour férié chômé, qui ne peuvent jamais être récupérées, celles d'un pont peuvent donc réapparaître dans le planning, sans majoration particulière puisqu'il ne s'agit pas d'heures supplémentaires au sens strict.

Congés payés, journée de solidarité et autres pièges à éviter

La vigilance s'impose également pour les salariés en congés au cours du mois de mai. Lorsqu'un jour férié chômé tombe pendant une période de congés payés, il ne doit pas être décompté comme un jour de repos. En revanche, s'il s'agit d'un jour normalement travaillé dans l'entreprise, il peut être intégré au décompte des congés. Là encore, le mode de calcul des congés pratiqué dans l'entreprise peut sensiblement modifier la donne.

Le lundi de Pentecôte mérite enfin une attention toute particulière. Dans de nombreuses entreprises, il est utilisé comme journée de solidarité. Dans ce cas précis, il peut être travaillé sans rémunération supplémentaire, dans la limite prévue par la loi. Pour les salariés mensualisés, cela revient concrètement à fournir une journée de travail qui n'alourdit pas la fiche de paie. En mai, la succession des jours fériés donne donc une impression générale de respiration. Mais selon le statut du salarié, son ancienneté et les règles internes de l'entreprise, ce répit peut parfois se payer au prix fort sur le plan financier.