« J’en ai fait 10 en quatre mois » : les jeunes et la multiplication des arrêts maladie
L’absentéisme au travail a atteint un niveau inédit en 2025, selon le Datascope 2026 d’AXA France, une étude fondée sur les données de 3 millions de salariés du secteur privé. Cette hausse record s’explique en grande partie par une explosion des arrêts maladie liés à la santé mentale, devenus la première cause d’absence. Le phénomène est particulièrement marqué chez les jeunes salariés, où un arrêt sur deux concerne des troubles psychologiques, loin devant les problèmes physiques.
Un rapport au travail qui tranche avec les générations précédentes
« Si je sens que psychologiquement ou physiquement ça ne va pas, je n’ai aucun mal à me mettre en arrêt de travail. Cette année, j’ai compté, j’ai fait 10 arrêts maladies en quatre mois », confie une jeune femme à RMC. Cette approche contraste fortement avec celle des générations plus âgées. Une autre femme explique ainsi avoir un père quinquagénaire poissonnier : « Tous les jours, il rentre et il se plaint de son patron, mais ce n’est pas pour autant qu’il va arrêter ».
Une mentalité que ne partage pas cette jeune Marseillaise : « Moi, au moindre manque de respect ou quelque chose qui ne me convient pas, c’est merci au revoir ». Un autre jeune salarié reconnaît sans détour multiplier les absences pour préserver sa santé mentale : « Moi 7 fois. Il y en a quatre qui n’étaient pas justifiées. Mais après c’est la santé mentale. C’est un temps où je me repose et la prochaine fois, j’irai travailler. Je pense qu’il y a un changement générationnel aussi ».
Panique et désorganisation pour les employeurs
Pour les employeurs, cette évolution complique considérablement l’organisation du travail. Dans certains secteurs déjà sous tension, comme le bâtiment, une absence suffit à désorganiser toute une équipe. Laurent, qui travaille dans ce domaine, témoigne : « Ça a des conséquences sur les plannings, sur le respect des délais. On est déjà dans un métier à flux tendu et là, effectivement, le fait d’avoir un ou deux absents, c’est un grand vent de panique dans l’atelier ».
Derrière ces tensions, plusieurs experts pointent également les effets durables de la pandémie de Covid-19, qui a frappé de plein fouet la génération Z, ainsi que le manque de souplesse des entreprises face aux besoins de bien-être des salariés. Cette situation soulève des questions sur l’adaptation des milieux professionnels aux nouvelles attentes en matière de santé mentale.



