L'intelligence artificielle en entreprise : les syndicats sonnent l'alerte sociale
Dans les bureaux d'Illogic Studios, à Montpellier, le 12 décembre 2025. Alors que le gouvernement français déploie son plan national Osez l'IA et que les questions de souveraineté numérique agitent les débats, les risques pour l'emploi et les conditions de travail ne semblent pas constituer la préoccupation principale des acteurs économiques français. Cependant, les récentes annonces de licenciements par la Société Générale et Capgemini, explicitement liées au développement de l'intelligence artificielle, ont ravivé les inquiétudes, particulièrement du côté des organisations syndicales.
L'urgence d'un dialogue social renforcé
« Plus le temps passe, plus il y a urgence à inclure le déploiement de l'IA en entreprise dans le dialogue social », insiste Luc Mathieu, secrétaire national de la CFDT en charge des questions numériques. Son message fait écho aux préoccupations exprimées par les autres confédérations syndicales. Il précise qu'à ce stade, seuls quelques accords collectifs existent, citant notamment AXA, BPCE et Metlife comme pionniers en 2025 dans cette démarche.
Vers un accord national interprofessionnel
Face à cette situation, les syndicats travaillent activement à l'élaboration d'un cadre commun. « Aujourd'hui, nous planchons sur un accord type pour éviter une trop grande hétérogénéité des situations en entreprise », révèle Matthieu Trubert, coanimateur du collectif numérique de l'Ugict-CGT. Il souligne que toutes les organisations syndicales non patronales adhèrent à ce projet ambitieux.
L'objectif principal serait la création d'un accord national interprofessionnel qui fixerait un cadre général. Ce dernier permettrait ensuite de développer des accords sectoriels adaptés à chaque branche professionnelle, avant d'être déclinés et précisés au niveau des entreprises individuelles. Cette approche progressive vise à garantir une protection uniforme des travailleurs face aux transformations induites par l'intelligence artificielle.
Les défis de la transition numérique
Les syndicats mettent en garde contre les conséquences sociales d'un déploiement non régulé de l'IA dans le monde du travail. Ils soulignent plusieurs enjeux critiques :
- La préservation des emplois face à l'automatisation accrue
- L'évolution des compétences et la nécessité de formations adaptées
- La protection des conditions de travail et du bien-être des salariés
- La transparence dans l'utilisation des algorithmes en entreprise
Cette mobilisation syndicale intervient à un moment charnière où les entreprises françaises accélèrent leur adoption des technologies d'intelligence artificielle, souvent sans cadre social clairement défini.



