Le gouvernement lance un guide pour une meilleure inclusion des neurodivergents en entreprise
Le gouvernement a publié ce lundi 30 mars 2026 un guide de bonnes pratiques visant à repenser les pratiques de recrutement et de management pour mieux intégrer les personnes neurodivergentes dans le monde professionnel. Ce document, élaboré par la délégation interministérielle à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement, s'adresse particulièrement aux personnes autistes, celles présentant un déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et celles atteintes de troubles « Dys » comme la dyslexie ou la dysphasie.
Une population représentant près de 15% des Français
Les personnes neurodivergentes constituent une part significative de la société, représentant environ 15% de la population française. Malgré ce chiffre important, elles rencontrent souvent des obstacles majeurs dans leur parcours professionnel. Le guide souligne que ces individus peuvent être « une source précieuse d'innovation et de créativité » pour les entreprises, mais qu'ils sont fréquemment exclus par des processus de recrutement inadaptés.
Étienne Pot, délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement, explique : « Les parcours professionnels des personnes concernées restent encore trop fragmentés et sources de souffrance dans notre pays, notamment en raison du caractère invisible des troubles du neuro-développement et de leur méconnaissance par le grand public. »
Des recommandations concrètes pour transformer les pratiques
Le guide propose plusieurs mesures pratiques pour améliorer l'inclusion professionnelle :
- Concevoir des processus de recrutement et d'entretien adaptés, avec la possibilité de transmettre à l'avance les caractéristiques du processus aux candidats
- Repenser les fiches de poste en se concentrant sur les compétences strictement nécessaires plutôt que sur des critères sociaux
- Encourager l'utilisation d'outils alternatifs au CV traditionnel, comme des vidéos courtes ou l'envoi de travaux
- Mettre en place des programmes de tutorat pour les personnes recrutées
- Éviter le multitâche et les changements soudains dans l'organisation du travail
Le document aborde également les comportements spécifiques des personnes neurodivergentes qui peuvent être mal interprétés en milieu professionnel, comme :
- Aller droit au but sans recourir au bavardage social
- Ne pas rechercher systématiquement le contact visuel
- Préférer ne pas serrer la main lors des rencontres
Une approche économique et réglementaire
Le guide recommande aux entreprises de calculer le coût réel du recrutement de personnes neurodivergentes, en tenant compte notamment des pénalités potentielles liées à l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés. Cette obligation impose aux entreprises de plus de 20 salariés d'employer au moins 6% de personnes handicapées.
Parmi les autres suggestions figurent la fixation d'objectifs mesurables pour l'ouverture à la neurodiversité, comme le nombre de personnes recrutées ou de modules de sensibilisation organisés. Le document insiste sur l'importance de repenser l'environnement de travail dans ses dimensions sensorielles (rythme, bruit, lumière) pour qu'il soit adapté aux besoins spécifiques des personnes neurodivergentes.
Cette initiative gouvernementale marque une étape importante dans la reconnaissance des compétences et du potentiel des personnes neurodivergentes, tout en proposant des solutions concrètes pour transformer les pratiques managériales et recruter sur la base des compétences réelles plutôt que des codes sociaux traditionnels.



