Les personnels navigants des entreprises de transport et travail aérien sont appelés à faire grève du 17 au 21 octobre prochain. L'intersyndicale réunissant l'UNSA PNC, le SNPNC-FO, le SNGAF, le SNPL et l'UNAC a déposé un préavis de grève pour protester contre la réforme du cumul emploi-retraite qui entrera en vigueur au 1er janvier 2027.
Une mobilisation contre une réforme jugée pénalisante
Les syndicats dénoncent les nouvelles règles du cumul emploi-retraite, qui s'accompagnent d'un « suivi médical strict susceptible d'aboutir à une fin de carrière prématurée » et d'un « âge de fin d'activité PN imposé par la loi ». Selon eux, ces dispositions pénaliseraient financièrement les professions concernées, mais surtout, c'est leur caisse de retraite qui serait dans le viseur du gouvernement.
L'Intersyndicale PNT/PNC, qui regroupe les organisations syndicales représentées à la CRPN (UNSA PNC, SNPNC, SNGAF, SNPL et UNAC), demande l'exclusion des personnels naviguants et de la caisse de retraites des personnels naviguants du dispositif Cumul Emploi Retraites « par voie législative et décrétale ».
La Cour des comptes avait épinglé la CRPN
En décembre dernier, la Cour des comptes a demandé à la Caisse de retraite complémentaire des pilotes, hôtesses de l'air et stewards (CRPN) de se réformer pour faire face à la fragilité de son équilibre financier et à des problèmes de gouvernance. Dans son rapport, la Cour des comptes notait le caractère « coûteux » et « très favorable aux affiliés » de ce régime complémentaire, qui permet notamment un départ à la retraite anticipé dès 55 ans pour certains.
Elle recommandait notamment « d'adapter les paramètres du régime » pour faire face aux risques croissants de déséquilibre. À court terme, selon la Cour, ce régime, qui compte 36 000 actifs et 25 000 cotisants, a les moyens d'équilibrer ses comptes grâce « au rendement élevé de ses réserves », qui permet de compenser le déséquilibre actuel entre cotisations et prestations.
Un départ à la retraite en avance, sous condition
Les pilotes, hôtesses de l'air et stewards peuvent, sous condition, partir à la retraite dès 55 ans, en bénéficiant de leur retraite complémentaire et en touchant « une prestation de majoration » visant à compenser l'absence de retraite du régime général tant que l'âge légal n'est pas atteint. Ils partent donc plus tôt que les salariés du régime général, les pilotes liquidant leur retraite en moyenne « à 62 ans » et les personnels navigants commerciaux « à 58,5 ans », « contre 63,4 ans pour l'ensemble des assurés du régime général », note la Cour.
Par ailleurs, « le montant des prestations (...) est bien supérieur à celui des pensions complémentaires versées aux autres salariés par l'Agirc-Arrco », le régime de retraite complémentaire des autres salariés du privé, du fait « principalement » des écarts de salaires durant la carrière, rappelait la Cour. La grève prévue en octobre vise à faire pression sur le gouvernement pour obtenir une exclusion du dispositif, avant l'entrée en vigueur de la réforme au 1er janvier 2027.



