Alternance : 1.093 candidatures, seulement 83 réponses pour Nans
Alternance : 1.093 candidatures, 83 réponses

Nans, 39 ans, habitant de la région de Lyon (Rhône), a envoyé 1.093 candidatures en six mois pour trouver une alternance en comptabilité. Il n'a reçu que 83 réponses, soit un taux de réponse d'environ 7 %. Désabusé, il a abandonné sa formation et commence un nouveau job dans l'industrie chimique.

Une recherche infructueuse malgré des centaines de candidatures

Après avoir validé son BTS en comptabilité, Nans a vu son employeur être racheté par un grand groupe américain, qui aurait, selon lui, « délocalisé la compta en Inde ». Pour poursuivre sa formation, il s'est lancé dans une quête : trouver une société acceptant de le prendre en alternance.

En six mois, il a enchaîné les demandes, méticuleusement enregistrées dans son ordinateur. Que ce soit par LinkedIn, sur RegionsJob, via France Travail ou en direct auprès des entreprises, Nans a envoyé 1.093 candidatures, dont l'immense majorité sont restées sans réponse.

Un taux de réponse d'environ 7 %

« Sur plus d'un millier de candidatures, je n'ai reçu que 83 réponses. Ça fait à peine plus de 7 % de réponse. C'est juste hallucinant. Ce n'était pas seulement pour des alternances. J'ai aussi répondu à des offres d'emploi. Et à chaque fois, c'était négatif ou pour me proposer un stage non rémunéré. Là, c'est trop, je craque, c'est fini », confie Nans.

Il n'est pas seul : « Dans ma formation, nous sommes 48 étudiants. Il y en a 39 qui n'ont pas trouvé d'entreprise pour les accueillir. Ce n'est pas seulement moi, c'est tout le monde », explique-t-il. Après avoir travaillé comme ouvrier et manutentionnaire, Nans s'était engagé dans un parcours de reconversion et avait entamé un BTS de comptabilité il y a deux ans. Il avait déjà galéré à trouver son alternance, mais ce n'était rien comparé à aujourd'hui.

La menace de l'intelligence artificielle

La profession d'expert-comptable est souvent classée comme l'une des plus menacées par l'arrivée de l'intelligence artificielle. Un secteur qui pèserait 27 milliards d'euros en France, selon le bureau d'études Xerfi cité par Les Échos. Dans un contexte économique en berne, de nombreuses petites et moyennes entreprises sont tentées de se passer d'un comptable ou d'externaliser les missions.

Mais l'IA n'est pas la seule coupable. En coupant les aides financières accordées aux entreprises embauchant des apprentis ou des alternants, le gouvernement a fermé le robinet de ces parcours que beaucoup jugeaient efficaces pour l'insertion professionnelle des jeunes.

Abandon de la formation et nouveau départ

Désabusé face à tant de refus, Nans a fini par laisser tomber la formation initiale qui devait l'emmener vers une licence. Sans entreprise, c'était à lui de débourser 11.000 euros. Il a rendu son badge ce mardi matin et commencera un nouveau job dans l'industrie chimique, où il a déjà exercé, dès lundi.

C'est aussi parce qu'il a trouvé autre chose, que le comptable s'est permis de partager son amère expérience dans un post LinkedIn bien salé. Au milieu des trop nombreux commentaires de conseillers en formation ou coachs de vie qui pullulent sur le réseau social, certains partagent le même désarroi. « Je suis dans le même cas. Je ne compte plus les CV envoyés. J'ai envie de pleurer », évoque une jeune femme. « On ne demande pourtant pas l'impossible. Juste de quoi travailler pour pouvoir vivre et manger. Mais tout ce qu'on me propose, ce sont des stages non rémunérés », s'agace le candidat.