Grève des ambulanciers privés : deux syndicats mobilisent avec des revendications distinctes
Ce mercredi 8 avril, les transports sanitaires en France devraient connaître d'importantes perturbations. Les deux principaux syndicats d'ambulanciers privés appellent en effet à une mobilisation, mais chacun avec des mots d'ordre différents, l'un visant les interventions d'urgence, l'autre une suspension d'autres missions, comme les retours d'hospitalisation.
La CNSA appelle à interrompre les missions non urgentes
Pour alerter sur les difficultés économiques du secteur, la Chambre nationale des services d'ambulances (CNSA), première organisation représentative, appelle à interrompre, de 9 heures à 20 heures, « tout ou partie des missions », à l'exception de celles liées à l'urgence vitale. Ainsi, des trajets de retour d'hospitalisation ou de retour de services d'urgences seront par exemple annulés, selon ce syndicat.
Cette action pourrait désorganiser les sorties hospitalières et, par ricochet, engorger certains services. « Le mouvement prend bien, les taux de participation devraient être importants », a assuré mardi Dominique Hunault, président de la CNSA, sans donner de chiffres précis.
Des tarifs jugés insuffisants face à la hausse des charges
Selon le syndicat, les tarifs des interventions prises en charge par l'Assurance maladie sont insuffisants pour couvrir la hausse des charges, en particulier pour « l'urgence pré-hospitalière », lorsque le Samu demande à une ambulance privée d'intervenir. Pour ces interventions, l'entreprise est « rémunérée 64 euros de l'heure pour mettre à disposition deux ambulanciers, le véhicule, le matériel et les consommables », et se retrouve « largement déficitaire », déplore Dominique Hunault.
« Le nombre de défaillances d'entreprises a triplé en 2025 (atteignant 147, NDLR) par rapport à l'année précédente », déplore la CNSA, qui réclame le « déblocage de fonds d'urgence », et « l'ouverture de négociations avec l'Assurance maladie » pour trouver « un modèle soutenable ».
La FNMS s'oppose à une réforme de décentralisation
La fédération nationale de la mobilité sanitaire (FNMS), deuxième organisation représentative, se bat elle contre une réforme contenue dans le projet de loi de décentralisation, qui prévoit de confier aux préfets l'organisation du transport d'urgence. « Ni la profession ni le Samu n'ont été associés à la réflexion, on nous a mis de côté », critique le coprésident de la FNMS, Olivier Assié.
Il craint notamment que la « logique médicale » ne soit reléguée « au second plan », au profit d'une « approche organisationnelle ou sécuritaire ». Le syndicat appelle donc mercredi les ambulanciers à se retirer des tableaux de garde ambulancière, c'est-à-dire « des moyens mis à disposition du Samu », explique son responsable.
Mais lorsque ces tableaux sont incomplets, « les préfets réquisitionnent », montrant que les ambulanciers sont indispensables sur le terrain, ajoute-t-il. Selon lui, des ambulanciers ont été réquisitionnés dans « plus de la moitié des départements ».
Des rencontres prévues au ministère de la Santé
La FNMS et la CNSA doivent toutes deux être reçues mercredi au ministère de la Santé, dans un contexte de tensions accrues sur le secteur des transports sanitaires. Cette double mobilisation, bien que portant sur des revendications distinctes, souligne les défis structurels auxquels font face les ambulanciers privés en France.



