Grève chez Eurenco : le conflit social s'enlise dans les poudreries de Bergerac et Sorgues
Grève chez Eurenco : conflit social dans les poudreries

Grève prolongée chez Eurenco : les syndicats maintiennent la pression

Le conflit social chez Eurenco, démarré le 20 janvier suite à l'échec des négociations annuelles obligatoires, ne montre aucun signe d'apaisement. Les salariés des poudreries de Bergerac en Dordogne et de Sorgues dans le Vaucluse poursuivent leur mouvement de grève, renouvelant l'appel à l'arrêt de travail toutes les 24 heures. Le bras de fer entre la direction du groupe et les organisations syndicales s'intensifie, ces dernières exigeant des améliorations substantielles des conditions de travail et de la rémunération.

Un dialogue social au point mort

« L'appel à la grève est renouvelé toutes les 24 heures tant que nous n'obtenons rien de la direction », affirme David Lorgue, délégué CGT à Bergerac. Cette détermination des syndicats s'est traduite par une perte de chiffre d'affaires estimée à près de 20 millions d'euros pour les mois de janvier et février, selon les calculs de la CGT. La direction avait pourtant proposé des primes le 19 mars, mais celles-ci ont été catégoriquement rejetées par les représentants du personnel, qui jugent ces mesures insuffisantes face à leurs revendications.

Des revendications salariales face à une prospérité financière

Alors que le conseil d'administration d'Eurenco doit se réunir jeudi 16 avril, les syndicats comptent profiter de cette occasion pour défendre leurs positions. Le contexte est particulièrement tendu puisque le poudrier prévoit d'annoncer un chiffre d'affaires record de 560 millions d'euros pour 2025, avec l'ambition d'atteindre le milliard d'euros dans un délai de deux ans. Face à cette prospérité financière, les organisations syndicales réclament une hausse de salaire de 130 euros pour tous les salariés, ce qui représenterait un coût d'environ 1,7 million d'euros pour l'entreprise.

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Une médiation ministérielle en vue

Pour tenter de débloquer la situation, une délégation syndicale doit rencontrer mardi 14 avril le conseiller social du ministère des Armées. « Nous allons lui expliquer ce qu'il se passe à Eurenco sur le dialogue social et les conséquences sur la production de poudres », précise Jérémy Caillé, délégué CGT. Cette démarche vise à alerter les pouvoirs publics sur l'impact du conflit sur les activités stratégiques du groupe, spécialisé dans la fabrication de poudres pour les secteurs de la défense et de l'aérospatial.

Le mouvement de grève, qui dure depuis près de trois mois, illustre les tensions persistantes entre les exigences sociales des salariés et les objectifs financiers de l'entreprise. Les prochains jours seront décisifs pour l'avenir des négociations et la reprise d'une production normale dans les sites de Bergerac et Sorgues.

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