Grève massive à Carrefour Monaco : les salariés réclament l'égalité des primes
Grève à Carrefour Monaco pour l'égalité des primes

Grève d'ampleur à Carrefour Monaco : un bras de fer pour l'égalité des primes

Les salariés de l'hypermarché Carrefour de Fontvieille à Monaco sont appelés à une grève massive ce samedi 4 avril 2026, provoquant des perturbations attendues dans les rayons. Ce mouvement s'inscrit dans un conflit social engagé depuis plus d'une semaine, où les employés réclament le paiement d'une prime d'intéressement et de participation, versée en France mais dont ils seraient exclus à Monaco.

Une mobilisation croissante depuis fin mars

Depuis le 26 mars, trois débrayages se sont succédé, impliquant jusqu'à 180 salariés selon les délégués syndicaux Amor Ben Hamida et Alexandra Oukdim. Ces actions ont entraîné des ralentissements massifs, une fermeture anticipée du magasin, et des files d'attente interminables aux caisses, avec une quarantaine de caddies abandonnés dans les allées. Les zones d'accueil et d'électroménager ont été particulièrement touchées, presque à l'arrêt.

Les salariés affirment ne pas vouloir déranger la clientèle, mais estiment que ces mouvements sont leur seul moyen de pression face à la direction et au groupe Carrefour. Ils dénoncent une inégalité de traitement flagrante par rapport à leurs collègues français, qualifiant la situation de discrimination.

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La prime d'intéressement au cœur du conflit

Le différend porte sur une prime de participation et d'intéressement de groupe, versée à des dizaines de milliers de salariés en France à hauteur de 5,6 % du salaire annuel brut en 2026. Les employés monégasques disent en être exclus, alors que les délégués syndicaux ont découvert que les cadres de Carrefour Monaco la percevaient sous le nom de prime exceptionnelle, avec un calcul identique à celui appliqué en France.

La direction aurait proposé de supprimer cette prime pour les cadres, une approche critiquée par Amor Ben Hamida qui la juge à l'envers. Cette situation est d'autant plus choquante, selon les syndicats, que Carrefour Monaco est l'un des magasins les plus performants du groupe, avec plus de 6 millions d'euros de bénéfices annuels.

Carrefour France justifie sa position en invoquant la législation monégasque, qui ne permettrait pas d'inclure le magasin de Monaco dans l'accord d'intéressement du groupe.

Des propositions patronales jugées insuffisantes

Face à la colère, la direction a proposé plusieurs mesures, dont une hausse de salaire de 1,2 à 1,3 %, une revalorisation du ticket-restaurant et du forfait pauses, ainsi qu'une amélioration sur trois ans de l'accord visant à rétribuer les salariés pour leur contribution aux résultats.

Cependant, les représentants du personnel estiment ces propositions insuffisantes et trop décalées dans le temps. Ils réclament un alignement immédiat sur le taux de 5,6 % de la prime d'intéressement, même sous un autre nom, et refusent de valider des mesures dont les effets ne seraient perçus qu'en 2027.

Vers un samedi sous tension et des actions prolongées

La nouvelle mobilisation de ce samedi devrait suivre les modalités des précédentes actions, avec plusieurs débrayages répartis sur la journée. Alexandra Oukdim martèle que les salariés misent d'abord sur le dialogue, mais prévient qu'en cas d'échec des négociations, la grève pourrait se poursuivre et s'étendre sur le long terme.

Contacté, le groupe Carrefour déclare être attentif au pouvoir d'achat de ses clients comme de ses collaborateurs ainsi qu'au dialogue social, soulignant son engagement dans le processus de négociations annuelles.

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