La France accuse un retard sur la transposition de la directive européenne
Le gouvernement français a finalement engagé les premières étapes concrètes pour transposer la directive européenne sur la transparence salariale, adoptée en mai 2023. Cependant, il est désormais certain que la France ne pourra pas respecter l'échéance légale fixée au 7 juin prochain par l'Union européenne.
Une première version du projet de loi transmise aux acteurs concernés
Deux jours avant la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars, le ministère du travail a officiellement envoyé une première mouture du texte législatif aux partenaires sociaux et aux parlementaires. Cette initiative intervient dans un contexte où la CGT a appelé à manifester à l'occasion de cette journée symbolique.
Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a présenté ce projet lors d'une conférence sur le travail et les retraites qui s'est tenue au ministère du travail à Paris le 4 novembre 2025. L'objectif principal de cette directive est de lutter contre les inégalités de rémunération persistantes entre les femmes et les hommes au sein des entreprises européennes.
Un calendrier parlementaire particulièrement chargé
Le texte fera l'objet d'une ultime réunion de concertation prévue le 19 mars, réunissant les organisations patronales et les représentants des salariés. Malgré cette avancée, aucune date précise n'a encore été communiquée pour le début de l'examen du projet de loi au Parlement.
Plusieurs facteurs expliquent ce retard français. La pause politique liée aux élections municipales de mars et un agenda parlementaire exceptionnellement dense compliquent la planification. L'entourage du ministre Jean-Pierre Farandou indique que l'équipe gouvernementale « essaie de trouver un créneau pour être au plus proche des échéances de transposition de la directive », reconnaissant ainsi implicitement l'impossibilité de respecter le délai européen.
Cette situation place la France dans une position délicate vis-à-vis de ses engagements européens, alors que tous les pays membres de l'UE doivent théoriquement avoir transposé la directive dans leur droit national avant le 7 juin. La transparence salariale représente pourtant un enjeu majeur d'équité et de justice sociale dans le monde du travail contemporain.



