Ce jeudi, les professionnels du dépannage, du remorquage et de la fourrière sont mobilisés dans les rues de Paris et devant le ministère de l'Économie. Ils dénoncent une rémunération jugée trop faible, fragilisant leurs entreprises face à la hausse du coût du carburant. « La goutte d'eau », témoigne un professionnel. À l'appel de plusieurs fédérations, ils demandent à l'État de revoir la grille tarifaire imposée, sous peine de devoir cesser leur activité.
Une situation insoutenable
La Fédération nationale de l'automobile (FNA), qui représente 6 000 entreprises, dénonce « une situation devenue insoutenable » menaçant « la pérennité du service rendu aux usagers et aux forces de l'ordre ». Jean-Yves Chevallier, référent fourrière à la FNA, explique : « Le carburant illustre parfaitement l'explosion des coûts. Les assureurs nous voient comme des métiers à risque, les exigences de sécurité grimpent, les véhicules coûtent plus cher : une dépanneuse vaut 300 000 euros, jusqu'à 900 000 euros pour un super poids lourd. »
Des zones blanches apparaissent
Chevallier constate un désamour du métier : « Beaucoup de petites entreprises et de garages qui dépannaient pour rendre service arrêtent, car ils se déplacent à perte. Dans certaines zones rurales, comme la Creuse, la Lozère ou l'Aveyron, il n'y a plus aucun dépanneur, ce qui allonge les délais pour les automobilistes en panne. »
Des conditions de travail difficiles
La profession doit travailler 24h/24 et 7j/7, ce qui complique le recrutement. Les patrons sont obligés d'œuvrer nuits, week-ends et jours fériés. « Ils n'ont plus de vie », résume Chevallier. S'ajoutent les agressions de la part d'automobilistes ou riverains mécontents. « Mes collègues de Seine-Saint-Denis sont souvent pris pour cible », témoigne-t-il.
Des tarifs réglementés insuffisants
Ces entreprises dépendent des tarifs fixés par l'État. Pour un enlèvement en fourrière, le contrevenant paie 127,65 euros l'enlèvement et 6,75 euros par jour de garde. À Paris, le tarif monte à 150 euros et 29 euros par jour. Quand le véhicule n'est pas récupéré (30 à 40 % des cas à Paris), l'État paie. La FNA affirme que ces tarifs n'ont pas vraiment bougé depuis vingt-cinq ans et « ne tiennent plus compte de l'évolution des coûts ». Les professionnels espèrent convaincre Bercy de rehausser les plafonds réglementaires, d'autant que la profession est endeuillée par le décès d'un dépanneur sur l'autoroute A9.



