Dordogne : les chauffeurs de Péribus multiplient les débrayages pour leurs conditions de travail
Dordogne : débrayages des chauffeurs Péribus pour conditions de travail

Nouveau mouvement social chez Péribus en Dordogne

Ce mercredi 25 mars au matin, plusieurs chauffeurs de bus du réseau Péribus dans le Grand Périgueux, en Dordogne, ont une nouvelle fois débrayé pendant quelques heures. Il s'agit du troisième mouvement de ce type en mars, après ceux des jeudis 12 et 19 mars. L'objectif des conducteurs est clair : obtenir de meilleures conditions de travail et engager des négociations sérieuses avec leur direction.

Une mobilisation qui s'intensifie

Selon la direction de Péribus, quatorze chauffeurs sur soixante-cinq conducteurs (et cent dix salariés au total) ont participé au débrayage entre 6 et 9 heures. La CGT, syndicat à l'origine du mouvement, évoque quant à elle une vingtaine de participants. Ces chiffres marquent une nette progression par rapport aux premières actions : seulement deux à quatre chauffeurs avaient débrayé la semaine du 12 mars, puis six ou sept le 19 mars.

Ce mouvement a impacté quatorze lignes du réseau, avec des perturbations particulièrement sensibles sur la ligne C (Coulounieix-Chamiers - Aquacap) et sur des sections d'autres lignes, dont celle de Marsac (ligne A).

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Une stratégie de perturbation ciblée

David Malagnoux, délégué CGT et représentant du syndicat majoritaire au sein du réseau de l'agglomération de Périgueux, explique la tactique choisie : « On a préféré faire des débrayages à des journées de grève. Notre objectif n'est pas de mobiliser énormément de salariés, mais de tenir dans le temps ».

Le choix des horaires n'est pas anodin. Les débrayages interviennent délibérément pendant une période « impactante » et de « plus forte fréquentation », correspondant aux déplacements du public scolaire et aux heures d'embauche. Cette stratégie vise à donner une visibilité maximale aux revendications des conducteurs.

Des conditions de travail au cœur des revendications

Les chauffeurs grévistes pointent du doigt plusieurs problèmes récurrents dans leur quotidien professionnel. David Malagnoux détaille leurs griefs : « On a des problèmes de sous-effectif, on réclame une équité au niveau des jours de carence. Globalement, on pointe un management de plus en plus dur avec des sanctions disproportionnées qui ne donne pas le droit à l'erreur. On note aussi des temps de parcours sur certaines lignes un peu justes, ce qu'on veut c'est un peu de temps de battement ».

La question salariale n'est pas en reste. Le délégué syndical fait état d'une prime d'assiduité qui n'aurait pas été versée en juillet 2025, ajoutant une couche de mécontentement aux revendications déjà existantes.

Une direction surprise et en appel au dialogue

La direction de Péribus se dit surprise par la persistance de ce mouvement social. Joannés Bouillaguet, directeur de Péribus, rappelle que les négociations annuelles obligatoires (NAO) ont été signées « à l'unanimité » entre janvier et février dernier. « On était arrivé à un consensus [...], c'est difficile de revenir tout remettre sur la table. Ils ont obtenu gain de cause sur plusieurs points comme la hausse de la valeur du point. Et la prime d'assiduité a bien été versée, mais elle est passée de trimestriel à mensuel », assure-t-il.

Le responsable met en avant l'obligation de rigueur : « J'en appelle au bon sens et au dialogue. Il faut être à cheval sur la réglementation et la sécurité des usagers ».

Des négociations en perspective

La CGT, de son côté, exprime clairement sa volonté d'engager des discussions avec la direction. Le syndicat se réserve cependant la possibilité de poursuivre, voire d'intensifier, le mouvement si ses revendications ne sont pas entendues.

Ce conflit social intervient dans un contexte de croissance pour le réseau Péribus. En 2025, celui-ci a enregistré 1,8 million de voyages annuels, soit une augmentation de 8 % par rapport aux années précédentes. Une fréquentation en hausse qui pourrait donner un poids supplémentaire aux revendications des conducteurs, garants du bon fonctionnement quotidien du service public de transport.

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