Le ministre du Travail pointe la responsabilité de l'Europe dans la hausse du chômage
Invité sur les antennes de BFMTV et RMC ce mercredi 11 février, le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou a vivement critiqué l'attitude de l'Union européenne concernant les importations chinoises. Selon lui, cette position a directement contribué aux difficultés économiques de la France, où le taux de chômage connaît une augmentation préoccupante.
Un taux de chômage en hausse mais des performances historiques
Le ministre a reconnu que le taux de chômage français avait atteint son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2021, s'établissant désormais à 7,9%. Cependant, il a immédiatement tempéré cette annonce en soulignant que ce chiffre restait inférieur à la barre symbolique des 8%.
"7,9%, c'est une petite érosion par rapport à ce qu'on a pu connaître mais on est en dessous de 8%. Est-ce que vous savez le nombre de fois où on a été en dessous de 8% pendant ces 40 dernières années? Et bien les trois dernières années, ça montre que les politiques menées sont pas mal", a-t-il déclaré au micro des deux chaînes.
L'ancien dirigeant du groupe SNCF a admis que le chômage était devenu structurel en France comparé aux autres pays européens, mais il a insisté sur le fait que rester sous les 8% constituait une performance remarquable sur les quatre dernières décennies.
L'Europe accusée de naïveté face à la Chine
Jean-Pierre Farandou a particulièrement ciblé l'Union européenne dans ses critiques, estimant que l'institution avait fait preuve d'une naïveté excessive concernant les importations chinoises. Selon le ministre, cette attitude a fragilisé des secteurs clés de l'économie française comme l'automobile, qui a perdu plus de 50.000 emplois nets depuis 2009.
"L'Europe a été beaucoup trop naïve par rapport aux importations chinoises. Le choix du tout électrique, c'est sympa en transition écologique mais ça a mis en difficultés nos entreprises qui étaient plutôt des champions des petits moteurs thermiques qui ne polluaient pas beaucoup", a-t-il expliqué.
Le ministre a également regretté le retard pris par les autres pays membres de l'UE à adopter une position plus ferme, laissant selon lui la France relativement isolée dans ses demandes de protection économique.
Des mesures de protection industrielle réclamées
Face à cette situation, Jean-Pierre Farandou a plaidé pour la mise en place de clauses de contenu industriel qui protégeraient les industries européennes de la concurrence jugée déloyale. Il a salué les efforts du président Emmanuel Macron en ce sens, même s'il reconnaît que ce dernier a longtemps "prêché dans le désert".
"Il faut qu'on se protège et je pense que des clauses de contenu industriel qui protègeraient nos industries sont absolument nécessaires. C'est ce que veut faire le président de la République", a-t-il affirmé.
Le ministre a toutefois exprimé un certain optimisme, estimant que la prise de conscience était désormais générale en Europe, notamment face au déferlement des produits chinois et aux mesures protectionnistes adoptées par les États-Unis.
Un appel à une réaction européenne plus rapide
Jean-Pierre Farandou a conclu son intervention en appelant à une réaction plus rapide de l'Union européenne. Il a reconnu que l'institution mettait souvent du temps à réagir aux défis économiques, mais il croit fermement à un rebond européen sous l'impulsion du président français.
"Je pense que ça y est, on va y arriver, mais il faut y aller plus vite. C'est vrai que parfois l'Europe met du temps à réagir, je pense que sous l'impulsion de notre président de la République, on doit y arriver, c'est essentiel", a-t-il déclaré en guise de conclusion.
Cette prise de position intervient dans un contexte économique tendu où la France cherche à préserver ses emplois industriels tout en poursuivant sa transition écologique, un équilibre délicat que le gouvernement tente de maintenir face aux pressions concurrentielles internationales.



