Chômage des jeunes : un bond inquiétant à 21,5%, le ministre Lescure sonne l'alarme
Chômage des jeunes à 21,5% : Lescure sonne l'alarme

Le chômage des jeunes atteint un niveau alarmant, le gouvernement en état d'alerte

Les derniers chiffres de l'Insee révèlent une situation préoccupante sur le front de l'emploi des jeunes en France. Au quatrième trimestre 2025, le taux de chômage des 15-24 ans a connu une hausse spectaculaire de 2,4 points, pour atteindre 21,5%. Il s'agit du niveau le plus élevé depuis 2018, hors période de crise sanitaire liée au Covid-19.

Un "avertissement" selon le ministre de l'Économie

Sur le plateau de France 2 ce mardi 10 février, Roland Lescure, ministre de l'Économie, a qualifié ce rebond du chômage d'"avertissement". "Cela montre qu'on doit continuer à se battre pour que la croissance soit au rendez-vous, pour que la compétitivité de l'industrie française soit affirmée", a-t-il déclaré avec franchise.

Le ministre a reconnu un "vrai défi sur le chômage des jeunes", soulignant que c'était un combat quotidien. "On l'a fait avec l'apprentissage, pour que les jeunes se retrouvent plus vite sur le marché du travail", a-t-il rappelé, tout en admettant que des efforts supplémentaires étaient nécessaires.

Le chômage général également en hausse

La mauvaise nouvelle ne se limite pas aux jeunes. Le taux de chômage global en France (hors Mayotte) a augmenté de 0,2 point au même trimestre, pour atteindre 7,9%. Il s'agit du niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2021, confirmant une tendance préoccupante sur le marché du travail français.

Roland Lescure a toutefois nuancé ce tableau en soulignant que "on a remporté le combat contre le chômage de long terme", tout en reconnaissant que le défi des jeunes demandeurs d'emploi restait entier.

Position ferme sur les relations commerciales avec la Chine

Le ministre s'est également exprimé sur les propositions du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP) concernant les relations commerciales avec la Chine. Face à la suggestion d'introduire des droits de douane de 30% sur tous les produits chinois, Roland Lescure s'est montré sceptique.

"Je pense qu'il faut plutôt faire du sur-mesure, en frappant fort dans certains secteurs de souveraineté", a-t-il jugé. Selon lui, une taxation généralisée serait trop pénalisante pour les consommateurs, notamment sur des produits comme les téléphones portables qui ne sont pas fabriqués en Europe.

Défense de la nomination d'Amélie de Montchalin

Le ministre a par ailleurs défendu la décision d'Emmanuel Macron de nommer Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, malgré les critiques de l'opposition qui évoque de possibles conflits d'intérêts.

"Son prédécesseur (Pierre Moscovici) a aussi été ministre de l'Économie et des Finances par le passé. C'est un gage de compétence. Je ne remets en aucun cas son indépendance", a affirmé Roland Lescure, qualifiant cette nomination de "très bonne nouvelle pour la Cour des comptes et pour la France".

Une victoire diplomatique européenne

Le ministre s'est également réjoui d'une avancée au niveau européen. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a repris la proposition française d'instaurer une préférence européenne au sein du marché unique.

"C'est une sacrée révolution. On a gagné la bataille des mots, il faut désormais gagner la bataille des actes", a prévenu Roland Lescure, appelant l'Union européenne à "être ferme sur la protection tout en restant ouverte".

Cette série de déclarations intervient dans un contexte économique tendu, où le gouvernement cherche à concilier protection de l'industrie française, ouverture commerciale et lutte contre le chômage des jeunes, qui représente désormais un défi majeur pour les politiques publiques.