La CFDT du Pays Basque réclame des mesures urgentes face à la flambée des prix du carburant
La guerre au Moyen-Orient continue d'avoir des répercussions économiques significatives, notamment sur le prix des carburants. Le sans-plomb 95 a franchi la barre symbolique des 2 euros le litre mercredi 1er avril, créant une situation financièrement tendue pour de nombreux professionnels. Deux jours après cette annonce, la CFDT a organisé un rassemblement devant le siège de la Communauté d'agglomération Pays basque à Bayonne pour exiger « des mesures concrètes rapides » en faveur des agents du Centre intercommunal d'action sociale (CIAS).
Des professionnelles du service public particulièrement impactées
Les principales concernées par cette mobilisation syndicale sont les aides à domicile et les assistantes familiales qui utilisent quotidiennement leur véhicule personnel pour accomplir leurs missions essentielles. Ces auxiliaires de vie assurent des tâches cruciales comme l'aide au ménage et les soins aux publics fragiles, permettant notamment à des personnes âgées de rester à leur domicile. « Ces auxiliaires de vie peuvent rencontrer les problématiques du handicap, de la précarité sociale, de la dépendance… », explique Franck Calleja, secrétaire CFDT santé sociaux pour le Pays basque.
La spécificité géographique du territoire aggrave la situation : « certains agents peuvent parcourir 50 kilomètres par jour » en milieu rural, précise Laurent Roux de la CFDT interco. La direction du CIAS évalue quant à elle la moyenne annuelle à 5 000 kilomètres par intervenante. Pour ces professionnelles dont les salaires oscillent entre 1 500 et 2 000 euros mensuels pour un temps complet, les frais de carburant représentent une charge financière de plus en plus lourde.
Les propositions concrètes de la CFDT
Le syndicat identifie environ 150 agentes concernées par l'utilisation de leur véhicule personnel pour le travail. Actuellement, l'Agglomération applique une indemnité kilométrique de 0,38 euro du kilomètre, un montant que la CFDT juge insuffisant face à l'inflation des prix à la pompe. « Dans le privé, il y a eu des revalorisations autour à 0,42 euro, pour amortir la hausse de l'essence », argumente Laurent Roux.
Les représentants du personnel avancent plusieurs mesures possibles :
- Une revalorisation significative de l'indemnité kilométrique
- La mise en place de primes de compensation spécifiques
- Le déploiement d'une flotte de véhicules de service, idéalement électriques
Cette dernière proposition présente l'avantage de « ne pas subir les crises successives et les tensions mondiales sur le pétrole », selon les syndicalistes. La CFDT formule donc une demande officielle d'ouverture de négociations sur ces sujets, « sans attendre d'éventuelles mesures gouvernementales » sur le pouvoir d'achat en période de crise pétrolière.
La réponse institutionnelle en cours d'élaboration
De son côté, le CIAS Pays basque reconnaît la légitimité de ces préoccupations et indique qu'il « travaille à une réponse structurelle à cette problématique, axée notamment sur la structuration d'une flotte de véhicules ». Une étude de faisabilité a déjà été lancée sur ce sujet précis. Cependant, l'institution précise qu' « il appartiendra aux futurs élus de prendre les décisions en la matière ».
Le conseil communautaire, qui se réunira le 11 avril pour désigner son président pour le nouveau mandat, aura donc la responsabilité de trancher cette question cruciale. Le principe défendu par la CFDT reste clair : « les coûts du service public ne doivent pas être supportés par les agents », surtout lorsque ces derniers accomplissent des missions essentielles avec des moyens personnels dans un contexte économique difficile.



