La CFDT s'oppose fermement au projet de CDI spécifique pour les jeunes porté par le Medef
La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a exprimé samedi son rejet catégorique de la proposition du Medef visant à instaurer un contrat à durée indéterminée (CDI) moins protecteur destiné aux jeunes éloignés de l'emploi. Elle a annoncé que son organisation syndicale présenterait ses propres alternatives « très prochainement », marquant une opposition nette à l'initiative patronale.
Une proposition jugée inacceptable et insuffisante
« Les propositions qui ont été faites sont des propositions qui appartiennent au Medef », a déclaré Marylise Léon sur France Inter, ajoutant : « Je n'ai pas envie de discuter sur cette base-là ». Elle a estimé que cette approche ne constituait « pas du tout la bonne façon de démarrer une discussion » sur l'insertion professionnelle des jeunes.
La proposition du Medef, évoquée dans des documents distribués lors d'une réunion le 28 janvier au siège de l'organisation patronale, prévoyait un CDI « pouvant être rompu sans motif pendant les premières années ». Cette idée a suscité des réactions vives, la CGT la qualifiant de « déclaration de guerre contre les jeunes et les salariés », tandis que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a assuré début février qu'elle « n'était pas reprise » par le gouvernement.
La CFDT prépare des contre-propositions axées sur l'emploi durable
Marylise Léon a souligné « une responsabilité collective de parler des jeunesses » et de s'adresser particulièrement « aux plus jeunes qui ont de grandes difficultés d'entrer dans l'emploi ». Elle a réaffirmé que « la CFDT fera d'autres propositions très prochainement », sans dévoiler de détails précis mais en indiquant une orientation différente.
Dans le cadre du Pacte de pouvoir de vivre, une alliance de la société civile lancée en 2019 à laquelle participe la CFDT, des propositions ont été formulées pour renforcer les « pouvoirs de ville » sur des sujets du quotidien comme le logement, l'eau, l'énergie ou l'accueil de la petite enfance. Marylise Léon a cité ce pacte, expliquant : « On défend l'idée d'avoir un droit à l'emploi » en soutenant par exemple « des projets du type territoire zéro chômeurs longue durée qui sont des associations qui créent des entreprises à but d'emploi ».
L'objectif, selon elle, est de créer « une niche d'activité » et « des emplois en proximité qui ont une utilité, qui sont sur un terrain non concurrentiel ». Cette approche contraste avec la proposition du Medef, privilégiant des solutions locales et durables plutôt qu'un assouplissement des protections contractuelles.
Un débat qui s'inscrit dans un contexte électoral et social
Ces échanges interviennent en vue des élections municipales, où les questions d'emploi et de jeunesse sont centrales. La CFDT, à travers le Pacte de pouvoir de vivre, cherche à influencer le débat public en promouvant des mesures concrètes pour améliorer l'accès à l'emploi, notamment pour les publics les plus vulnérables.
La position de Marylise Léon reflète une volonté de ne pas laisser le Medef dicter les termes du débat sur l'emploi des jeunes, en préparant des alternatives qui, selon elle, répondent mieux aux besoins réels et aux difficultés d'insertion professionnelle. Le rejet du CDI spécifique pour les jeunes s'accompagne ainsi d'une promesse d'initiatives prochaines, attendues avec intérêt dans le paysage social français.



