La 24e édition des Coulisses du Bâtiment et des Travaux Publics, organisée par la Fédération du BTP de l’Aveyron, a permis à 1 305 élèves de découvrir 24 chantiers et ateliers dans le département. Cette année, 20 entreprises ont participé à l’accueil des collégiens, dans le cadre de cette opération de séduction menée du 6 au 10 octobre.
Une visite au cœur de l’atelier Cros & Delmas
Vendredi 9 octobre, Amandine Cros, dirigeante de la société Cros & Delmas, a ouvert son atelier de métallerie et découpe laser aux élèves de 4e et 3e de la Cité scolaire Jean-Jaurès de Saint-Affrique. Une quinzaine d’élèves, encadrés par Alexandra Blanc, enseignante de biotechnologie, et Philippe Bouissière, enseignant en maintenance, ont poussé les portes de cette PME familiale de 30 salariés, implantée dans la zone d’activités de Vergonhac, à Saint-Georges-de-Luzençon.
La patronne a tenu à les accueillir en personne. « La première chose, c’est qu’une femme a toute sa place à la tête d’une entreprise industrielle et du bâtiment. Sachez qu’il y a de plus en plus de femmes sur les chantiers », a-t-elle présenté. « Ces jeunes ont besoin de se projeter. Souvent les filles n’imaginent pas faire ce genre de métier dans l’industrie. Et elles sont d’ailleurs surprises de voir une dirigeante femme… en baskets ! », a-t-elle ajouté.
Un métier moderne et esthétique
« On fait aussi un métier esthétique, donc il faut que ce soit beau », a expliqué Amandine Cros en montrant des maquettes de ses réalisations. Des garde-corps aux pergolas en passant par des habillages de façades de résidences neuves, ses équipes interviennent notamment dans la région de Montpellier, en étroite collaboration avec les architectes et les autres professionnels du bâtiment.
« Les jeunes imaginent encore que le BTP, c’est travailler avec une truelle à la main, donc le but de ces visites c’est aussi de leur montrer que le travail peut aussi se faire depuis un bureau ou sur des machines ultra-performantes en atelier », a souligné la cheffe d’entreprise. Du bureau d’études à la fabrication, en passant par la livraison et jusqu’à l’équipe de pose, toutes les étapes sont intégrées à l’entreprise. « Cette organisation nous permet plus de flexibilité pour répondre à la demande et une maîtrise totale de la commande », a-t-elle précisé.
Des démonstrations qui captivent les jeunes
Après le bureau d’études où sont conçus les plans de fabrication en 3D, les élèves ont découvert les ateliers où sont réalisées les pièces métalliques en acier ou en aluminium. Devant les démonstrations sur le robot soudure ou la découpe laser, les scolaires étaient captivés. « Waouh, c’est trop stylé », a lâché un adolescent. « Moi je ne connaissais pas ces métiers », a commenté une autre.
« On demande aux élèves de 3e de choisir un métier pour les orienter dans la bonne filière, mais c’est compliqué à cet âge-là, car ils ne connaissent pas tous les secteurs », a commenté Philippe Bouissière. La cheffe d’entreprise a encouragé les jeunes : « Vous pouvez faire un CAP, entrer dans une entreprise, puis progresser et vous former en interne, voire changer de métier et continuer à grandir. Il y a toujours des possibilités de grandir, mais la base c’est la motivation. »
Des conditions attractives pour recruter
La PME familiale accueille chaque année les scolaires dans le cadre de la Semaine du BTP et de la Semaine de l’industrie organisée par la Chambre de commerce et d’industrie. « Parce qu’on souffre du recrutement sur notre territoire, donc c’est bénéfique pour tout le monde », a souligné Amandine Cros. Créée il y a 41 ans, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 4,5 millions d’euros en 2025. Certains postes sont très recherchés, par exemple le métier de soudeur « avec de bons salaires », a expliqué l’entrepreneuse.
Chez Cros & Delmas, les salariés travaillent du lundi au vendredi, de 8 h à 17 h (sauf le vendredi après-midi) et les équipes de terrain, du lundi au jeudi. « On a beaucoup de travail mais on peine à recruter », a lancé Amandine Cros. Un appel parfois entendu, puisque certains jeunes visiteurs poussent ensuite les portes de l’entreprise pour y réaliser un stage, faire une alternance, voire occuper un poste à terme.
Un secteur en crise qui doit renouveler ses effectifs
Le secteur est en crise. En 2026, l’activité du BTP dans le département s’élève à 482 millions d’euros, en baisse de 5,5 % par rapport à l’année précédente. À fin juillet 2026, moins de 900 logements ont été mis en chantier, soit une baisse de 5 % comparativement à la même période de 2025. La baisse concerne l’ensemble des types de logements. Et dans l’ancien, les aides MaPrimeRénov ont subi différentes refontes et mises en pause sur les 12 derniers mois, impactant fortement l’activité.
Le BTP emploie 6 977 salariés en Aveyron, en hausse de 1,4 %. Mais le recours aux intérimaires (415 équivalents temps plein) a augmenté de 32 % au cours des 3 derniers mois. « C’est dans la récurrence, face à des publics renouvelés, que le BTP peut espérer convaincre, au fil des années et continuer à renouveler ses effectifs », est-il rapporté dans la note de conjoncture de septembre 2026 de la Fédération du BTP de l’Aveyron.